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Critiques rédigées par GUHENNEC CHRISTIAN

 

Pool of London (Dearden, Basil)

note: 3La mutation d'une société inquiète GUHENNEC CHRISTIAN - 30 décembre 2019écoutez

Basil Dearden aime dans ses films questionner la société britannique et plus spécialement la société londonienne; Dans THE BLUE LAMP (1950) et LA VICTIME (1961), ce sont respectivement la nouvelle criminalité et la place de l'homosexualité qui bouleversent les codes d'une société figée et encore traumatisée par la guerre et la perte de son empire. C'est d'ailleurs la force des studios EALING (dont Dearden est un des plus beaux fleurons) d'avoir soulevé le malaise et parfois le scandale. Ici, c'est au travers d'une assez classique intrigue portuaire que se noue une relation (chaste) interraciale - la première à figurer dans un film britannique. Cinéaste nerveux au montage particulièrement efficace, Dearden sait conjuguer une narration aux multiples intrigues et la découverte des couches sociales du Londres du début des années 50. Un très beau film tourné sur la rive Sud de Londres et depuis largement "gentrifié". Un excellent cinéaste à redécouvrir.

The Blue Lamp (Dearden, Basil)

note: 3Un polar londonien nerveux GUHENNEC CHRISTIAN - 30 décembre 2019écoutez

Réalisateur phare des studios londoniens EALING dans les années 40 et 50, Basil Dearden s'est inspiré du cinéma italien néo-réaliste pour composer des fresques sociales ou il trace un portrait sensible du petit peuple de la cité britannique, voleurs et policiers. Il y insère comme dans nombre de ses oeuvres une intrigue de polar inspirée elle du cinéma noir américain (on pense ici à Jules Dassin). Avec un grand brio de mise en scène et sachant imbriquer avec fluidité plusieurs intrigues, THE BLUE LAMP (emblème et signalisation des commissariats anglais) est un film à découvrir pour qui aimera à retrouver la belle cité de Londres et le jeune Dirk BOGARDE.

Othello (Cukor, George.)

note: 3Une adaptation Jekyll-Hyde en demi-teintes GUHENNEC CHRISTIAN - 8 décembre 2019écoutez

S'il adapte avec inventivité et une grande maestria l'argument même de la pièce de Shakespeare (OTHELLO est un janus mi-noir mi-blanc dont la jalousie maladive révèle la duplicité), CUKOR peine à nous rendre crédible ces 2 aspects du comédien. Ces passages trop brusques du bien au mal, de l'ombre à la lumière ont été bien mieux illustrès et surtout plus subtilement par d'autres grands cinéastes qui se frottaient dans les mêmes années (1945 -1947) à la psychanalyse sauce hollywood. Reste que CUKOR est un grand directeur d'acteurs et d'actrices et sait mettre en valeur - et en images - le monde du théâtre qu'il connait mieux que quiconque. Un film à voir pour cette science de la mise en scène.

Le grand amour (Etaix, Pierre)

note: 5Un amour fou...et sage GUHENNEC CHRISTIAN - 8 décembre 2019écoutez

"Trop de couleur nuit au spectateur" (Jacques TATI). Avec le premier de ses films plein de couleurs chatoyantes, ÉTAIX ne suit pas les conseils de son maître en cinéma - lequel avait d'ailleurs fait une première entorse à sa propre règle dès le splendide MON ONCLE. Fidèle à sa "philosophie" du gag - et une nouvelle fois épaulé dans sa mise en scène par Jean-Claude Carrière - ÉTAIX prend à bras (tout) le corps de son héros keatonien pour conter en couleurs choisies et en bifurcations habiles et déroutantes l'argument d'un très simple vaudeville (un monsieur tombe amoureux de sa secrétaire) en le déclinant- sous toutes les coutures- d'un humour tendre, surréaliste et parfois vachard. Ce cinéaste exceptionnel de maîtrise et d'invention est le prince des matriochkas : 1000 films en un.

Le soupirant (Etaix, Pierre)

note: 5Le monolithe d'une poésie lunaire GUHENNEC CHRISTIAN - 4 décembre 2019écoutez

Que ce film à l'instar des premières œuvres de TATI ne soit pas plus connu et célébré est un mystère et un (petit) scandale.Chaque plan ici recèle une, deux, trois trouvailles : le spectateur à chaque instant secoué,brinquebalé, émerveillé par tant d'invention et - sortons la fanfare - de génie poétique. Bien sûr, ETAIX ne vient pas de nulle part et l'on pense au grand cinéma muet américain - celui de Harry LANGDON, d'Harold LLOYD surtout de Buster KEATON- mais aussi à FEUILLADE et à ses feuilletons d'une vie révée. Un très grand film plein de rêves et de demi-sommeil ou " le réel et l' imaginaire […] cessent d' être perçus contradictoirement "(André Breton)

D'après une histoire vraie (Polanski, Roman)

note: 2Un Polanski en demi-teintes GUHENNEC CHRISTIAN - 20 novembre 2019écoutez

Sans être un film important de ce réalisateur si anxiogène et dont l'oeuvre reprend -en d'infinies variations - les thèmes de la manipulation mentale et d'une angoisse existentielle originelle, D'après une histoire vraie tisse une toile de cauchemar en un vrai thriller. Manipulateur achevé, Polanski connait tous les tours d'un scénario qu'il a jadis concocté bien plus brillamment (REPULSION, CUL DE SAC, THE GHOSTWRITER). On se laisse toutefois conduire sans déplaisir (mais avec frissons) dans ce nouveau huit clos du diablotin polonais.

Rosemary's baby (Polanski, Roman)

note: 5Une épouvante sans effets spéciaux GUHENNEC CHRISTIAN - 14 novembre 2019écoutez

Parmi les classiques de l'épouvante psychologique, ce chef d'oeuvre de Roman POLANSKI, vieux de 50 ans, n'a rien perdu de sa splendeur plastique ni de la terreur difficilement explicable qu'il inocule à petits traits. Seules l'inquiétude croissante de Rosemary (admirable Mia FARROW), les mouvements de caméra savants, la litanie entêtante de KOMEDA et mille petits détails dans la mise en scène concourent à faire grimper l'angoisse du spectateur. C'est peut-être dans sa construction que réside la vraie sorcellerie de ce joyau de cinémathèque.

La Vénus à la fourrure (Polanski, Roman)

note: 3Un huis clos étouffant GUHENNEC CHRISTIAN - 12 novembre 2019écoutez

Roman POLANSKI a très souvent illustré dans sa longue carrière les thèmes du masochisme, de la manipulation mentale comme des rapports entre les sexes. Il l'a fait avec la complicité (perverse ?) du spectateur en bousculant les certitudes les mieux ancrées de ce dernier. Dans ce face à face brillant entre une actrice et son metteur en scène théâtral, lequel dirige véritablement l'autre (ses pensées comme ses actes) ? Brillante adaptation moderne de SACHER MASOCH, performances d'acteur et actrice,ce film de POLANSKI ne parait mineur qu'au premier et imparfait regard.

Le Général (Boorman, John)

note: 3Un Robin des bois irlandais GUHENNEC CHRISTIAN - 12 novembre 2019écoutez

Illustration moderne de la lutte éternelle entre gendarmes et voleurs, Martin Cahill (1949-1994) est une authentique figure irlandaise assassiné par l'IRA et devenue mythique et emblématique dans le Dublin des années 90. Boorman retrouve dans ce film tourné en noir et blanc la simplicité de ses meilleurs films (HOPE AND GLORY, DELIVRANCE) loin des envolées mystico-fumeuses d'antan. Le dynamisme voire l’âpreté de sa mise en scène, l'extraordinaire talent de chaque acteur transcendent ce que le sujet pouvait avoir de rébarbatif ou de pontifiant.

Dracula (Coppola, Francis Ford)

note: 3Fantasmagorie moderne à la Méliès GUHENNEC CHRISTIAN - 11 novembre 2019écoutez

Reprenant assez fidèlement l'argument du DRACULA (1897) de Bram STOKER, COPPOLA compose un film-opéra dans lequel il introduit une véritable avalanche d'effets spéciaux (surimpressions, palettes graphiques, mate paintings) tout en s’efforçant de conserver la magie primitive du cinéma, celle de MELIES, des lanternes magiques et du théatre d'ombres. On trouvera au choix le sentimentalisme du film sublime ou détestable. Des costumes d'une inventivité indéniable, des références culturelles fin XIXème siècle innombrables font de ce grand guignol sanguinolent un spectacle à ne pas manquer (sous réserve pour les moins de 13 ans)

Le bal des vampires (Polanski, Roman)

note: 4Merveilleux hommage à la Hammer GUHENNEC CHRISTIAN - 10 novembre 2019écoutez

Roman Polanski s'est souvenu des films de la Hammer Films Productions dont l'age d'or s"achevait précisément dans ces années 70. La où les films de la Hammer manifestaient somme toute une certaine "crédulité" vis à vis du vampirisme ou la lycantropie, Polanski apporte son scepticisme rigolard et son humour distancié. Décors splendides, kitsch assumé, interprétation admirable : LE BAL DES VAMPIRES demeure un incontournable classique.

Vers sa destinée (Ford, John)

note: 5Humain très humain GUHENNEC CHRISTIAN - 23 avril 2018écoutez

John Ford - à l'inverse de tant de cinéastes comme SPIELBERG dans une récente (2012) et excellente hagiographie de cette figure mythique - a choisi de montrer la jeunesse (et la genèse) d'Abraham Lincoln. Il entend ne rien nous cacher des dons innés (prise de parole, dialectique) de ce héros américain statufié de son vivant ni de ses petits arrangements avec le quotidien : Lincoln est - parmi tous les films de Ford - un homme ordinaire c'est à dire riche de tous les choix possibles. Henry FONDA y est tout simplement admirable de véracité et d'introspection.

Croix de fer (Peckinpah, Sam)

note: 5Pour un dernier tour en enfer ? GUHENNEC CHRISTIAN - 16 avril 2018écoutez

Croix de fer (Cross of Iron, 1977), dont la mince trame pourrait se résumer dans la rivalité entre un officier aristocrate, opportuniste et quelque peu couard qui rêve d’obtenir la fameuse croix de fer sans vouloir prendre de grands risques sur le terrain et un autre officier, Steiner, joué par le charismatique James Coburn, véritable boute-feu et intraitable chenu du combat au corps à corps, proche de ses soldats et ayant perdu ses dernières illusions sur la nature humaine. Chant du cygne baroque et désespéré, salué en son temps par Orson Welles, Croix de fer développe les thèmes de la violence ontologique chers au réalisateur et dépasse par sa violence et son nihilisme tous les autres films antimilitaristes réalisés avant ou après lui. Le tournage chaotique - à l'image d'un Peckinpah fortement drogué et alcoolisé - donne un film véritablement apocalyptique ou les combattants s’entremêlent dans un maelstrom de bruit, de fureur et de désespoir rarement atteints au cinéma.

Bronco apache (Aldrich, Robert)

note: 5Seul contre tous GUHENNEC CHRISTIAN - 16 avril 2018écoutez

Parmi les grands westerns classiques, BRONCO APACHE (1954) de Robert Aldrich offre - et l'un des tous premiers- une image complexe de l'indien jusque là cantonné au rôle de massacreur de bisons et d'incendiaire de convois. Or, l'apache Massai, joué par le grand Burt Lancaster, montre une conscience aiguë (anticolonialiste déjà ?) de l'injustice et de la sauvagerie prodiguées par les blancs. A noter que la fin pessimiste voulue par Aldrich a été modifiée - à son grand dam et à celui de Lancaster - par les producteurs. Il n'en reste pas moins un grand film d'introspection et d'aventure.

Convoi de femmes (Wellman, William Augustus)

note: 5La guerre des sexes n'aura pas lieu GUHENNEC CHRISTIAN - 3 avril 2018écoutez

Bien que son propos soit on ne peut plus politiquement incorrect et pour tout dire franchement scabreux - Buck Wyatt joué par le magnétique Robert Taylor est chargé pendant la conquête de l'ouest de convoyer 150 femmes de Chicago en Californie ou les attendent avec une impatience mal contenue autant de pionniers dont le célibat se contient difficilement - ce film de Wellman est d'une sensibilité détonante dans le monde très généralement hyper-viril du Western . Au delà de cet argument qu'on jugera difficile à défendre, William Wellman, cet artisan méritant et parfois grandiose, dresse un portrait polyphonique, rêche (pas de musique sauf celle des sentiments contradictoires) de cette traversée terrible. Trois mille kilomètres qui sont autant de bornes de l'histoire de l'Amérique avec ses émigrants (italiens, japonais, français), ses interrogations sur la destinée humaine et le sens du sacrifice. Une promenade avec l'amour et la mort comme un grand et mélancolique chant du cygne à la frontière.

Douze 12 salopards (Aldrich, Robert (1918-1983))

note: 5Des salauds ordinaires GUHENNEC CHRISTIAN - 2 avril 2018écoutez

A revoir les films de ce très grand cinéaste que fût Robert Aldrich, l'on mesure bien mieux avec le recul du temps nécessaire, que parfois les films d'action que nous jugions basiques masquaient une très profonde réflexion philosophique (osons le mot !) sur la condition humaine. Ces douze salopards, pour louches qu'ils nous paraissent individuellement au premier regard, s'entendent parfaitement à faire capoter - pour peu que leur mission trouvent un sens pratique et pragmatique à leur yeux - une idéologie (nazie en l’occurrence) - parfaitement détestable. Ne trouve t'on pas là -au delà d'un film à l'action parfaitement menée grâce à de formidables acteurs (BORGNINE, MARVIN, BRONSON) la plus belle illustration possible qu'un film puisse contenir pensée et action ? TARENTINO a profité - à sa manière discutable - de cette leçon dans INGLOURIOUS BESTARDS.

Le Vol du phénix (Aldrich, Robert)

note: 4Comme un avion sans ailes GUHENNEC CHRISTIAN - 1 avril 2018écoutez

Dans une partie moins polémique de son oeuvre, Robert Aldrich a montré tous ses talents de simple conteur. LE VOL DU PHENIX (1965) appartient à cette veine si prisée à l'époque du film-catastrophe dans lequel un groupe d'hommes d'origines sociales et culturelles très diverses doit faire face à un désastre inconnu (ici la chute de leur avion en plein désert) et se liguer, bon gré mal gré, afin d'éviter une mort certaine. Aldrich campe avec une grande économie de moyens - et dans un décor réduit à des espaces claustro-phobiques et des teintes ocres - les luttes intestines comme la mise en commun des espérances. Un des très beaux films d'action de ce grand cinéaste.

The Wind (Sjostrom, Victor)

note: 5Vent de sable GUHENNEC CHRISTIAN - 30 mars 2018écoutez

Victor Sjöström demeure pour la plupart des cinéphiles l'inoubliable professeur acariâtre des FRAISES SAUVAGES (1957) d'Ingmar Bergman. C'est oublier trop vite qu'il fût bien avant cela un des plus novateurs cinéastes du muet (sous le nom de Victor Seastrom aux Etats-Unis). Dans THE WIND (1928), il retrouve ce qui faisait la force de son oeuvre suédoise : l'homme (ici la frêle et splendide Lilian GISH, l’héroïne de GRIFFITH) en butte aux éléments déchaînés (le vent, le sable) et la sauvagerie des instincts. Un cinéma à l'état natif, pas encore encombré d'un psychologisme qui va l'appauvrir lors de l'apparition du parlant.

La flèche et le flambeau (Tourneur, Jacques)

note: 4Burt Lancaster en apesanteur GUHENNEC CHRISTIAN - 29 mars 2018écoutez

A l'instar d'Errol Flynn en Robin des Bois sautillant et magnétique quelques années auparavant dans le film chatoyant de Michael Curtiz (1938), Burt Lancaster démontre ici toutes ses qualités physiques d'ancien acrobate.Son sourire lumineux réchauffera les cœurs les plus froids. Dans un moyen-âge de carton-pâte dont le côté suranné fait tout le charme, Jacques Tourneur pourtant plus connu pour ses films fantastiques (LA FÉLINE, LA GRIFFE DU PASSÉ, VAUDOU) livre un ouvrage bariolé, plein de cavalcades, de duels et teinté d'un léger message politique ("Révoltez-vous" nous glisse t'il en sous-main). Un film résolument pour tout public prêt à la simple réverie.

L'Etrange incident (Wellman, William A.)

note: 5Un étonnant plaidoyer contre le lynchage GUHENNEC CHRISTIAN - 25 mars 2018écoutez

Quelques années après FURY (1936) de Fritz Lang, William Wellman s'attache dans un western âpre, court (78 min), sans fioriture dans sa mise en scène et grâce à des éclairages quasi expressionnistes à la dénonciation de l'hystérie collective. Un mouvement inexorable conduit une bande de cow-boys hallucinés vers la tragédie et l'injustice et c'est en vain que tente de s'opposer à cette fatalité la figure du doute jouée ici par Henry Fonda presque 15 ans avant DOUZE HOMME EN COLÈRE (Sidney Lumet, 1957). Un grand film polyphonique qui n'a rien perdu de sa résonance sociale.

Scaramouche (Sidney, George)

note: 5Cape, épée et esprit GUHENNEC CHRISTIAN - 23 mars 2018écoutez

On ne sait ce qu'il faut louer en premier dans ce chef d'oeuvre ? Les couleurs chatoyantes qui font de chaque plan un tableau à la Watteau, le rythme effréné des aventures, l'invention constante d'une intrigue qui mêle les coulisses d'un théâtre ambulant à ceux de l'aristocratie, le talent et la grâce de grands acteurs (Stewart Granger, Mel Ferrer, Janet Leigh). Le plus long duel de l'histoire du cinéma ainsi qu'une réflexion constante sur l'identité humaine font de ce film un joyau du genre Cape et épée.

En quatrième vitesse (Aldrich, Robert)

note: 5Un secret brûlant, une boîte de Pandore GUHENNEC CHRISTIAN - 20 mars 2018écoutez

Robert Aldrich parvient à donner avec ce film - lequel semble au premier abord une très classique enquête policière - la dimension supplémentaire qui est celle de la politique. Au milieu des années 50 plane en effet sur le monde entier le fantôme de la désintégration nucléaire mondiale et c'est bien de cette paranoïa et du maccarthysme qui l'engendra que ce film simplement génial dans sa construction haletante, claustrophobe en diable persiste à vibrer.

Qu'est-il arrivé à Baby Jane (Aldrich, Robert)

note: 5Un face à face claustrophobe et glaçant GUHENNEC CHRISTIAN - 19 mars 2018écoutez

Dans cette redoutable confrontation entre deux sœurs ennemies (l'une, Bette Davis méconnaissable d'enlaidissement, plongée dans une folie qui va croissante durant tout le film et l'autre Joan Crawford clouée sur son fauteuil roulant et bientôt plus (spoiler), le terrible et intraitable Robert Aldrich entend également - et peut être surtout - faire le procès de cette "usine à rêves" que se vante de figurer Hollywood.On pourra -sans détriment pour l'oeuvre d'Aldrich- comparer son film à PSYCHOSE : c'est à coup sûr un admirable ouvrage sur la paranoïa...avec un acteur de génie trop peu connu, géant obèse et impressionnant de charisme Victor Buono.

La flibustière des Antilles (Tourneur, Jacques)

note: 4Sous le pavillon Technicolor GUHENNEC CHRISTIAN - 19 mars 2018écoutez

Très librement inspiré de la vie d'Anne Bonny, une des très rares femme pirates de la flibuste anglaise avec Mary Read, ce film de Jacques Tourneur, plus célèbre pour ses films noirs et fantastiques, est un superbe livre d'images dédié à nos enchantements d'enfants. Et au vrai rien n'y manque : galions aux voiles rebondies, chaloupes chargées de rustres patibulaires, tavernes surpeuplées de soudards ivres et marchés rutilants aux esclaves venus de contrées improbables. Si Tourneur s'encombre peu de la vérité historique (Anne Bonny ne semble pas avoir croisé la route du fameux Barbe-noire), le romantisme échevelé (et parfois noir de barbe) de son film nous emmène à coups de rame très loin en haute mer.

Valérie au pays des merveilles (Jires, Jaromil)

note: 5Un OVNI cinématographique GUHENNEC CHRISTIAN - 17 mars 2018écoutez

Issu des retombées du printemps cinématographique de Prague, lequel engendra des merveilles de poésie contestataire, ce film de 1970 n'a rien perdu de son étrangeté radicale. Rêve éveillé ou veille engourdie par le songe, il se présente comme une longue et splendide dérive onirique et sensuelle ou les fantasmes de Valérie s'inscrivent dans des tableaux surréalistes très composés proches d'un DELVAUX ou d'un LABISSE. On est ici très exactement à l'opposé d'un cinéma social ou politique (quoique la politique consistera dans ce cas précis à fustiger un réel oppressant et à narguer la férule soviétique de la reprise en main du fameux "socialisme à visage humain" d'Alexander Dubček). Il faudra au spectateur pour goûter tout le sel de ce voyage insolite - à l'instar de Valérie baguenaudant parmi les merveilles - se laisser guider par la logique intraitable du rêve.

La panthere noire (Merrick, Ian)

note: 5Voyage au bout de l'enfer GUHENNEC CHRISTIAN - 22 janvier 2017écoutez

Authentique maudit du cinéma britannique, LA PANTHÈRE NOIRE (1977) nous entraîne comme peu de films ont su (ou oser) le faire dans la psyché maladive d'un criminel implacable. Ici, aucun grand guignol à la TAXI DRIVER aucun effet d'une caméra virtuose qui viendraient atténuer la sécheresse de l'intrigue mais le rapport clinique et policier d'une dérive de plus en plus sanglante par un meurtrier, au demeurant véritable Hitler domestique, saisi sans aucune complaisance ni pathos dans son terrible quotidien. Tiré d'un authentique fait divers qui bouleversa durablement l'Angleterre exsangue de ces années poisseuses comme ce drôle d'objet.

Il giovedi (Risi, Dino)

note: 3Comme père et fils GUHENNEC CHRISTIAN - 21 janvier 2017écoutez

Un portrait d'une grande tendresse (et sans le cynisme que la critique associera plus tard au nom de DINO RISI après LES MONSTRES (1963)). Ici, il n'est question pour le "héros", pâle figure déchue du séducteur latino, que de reconquérir ce jeune fils qu'il a jusqu'alors délaissé. Comme a son meilleur, le cinéma italien sait brosser par petites touches le portrait d'une société et de ses acteurs (soit toute la population italienne) grâce à un regard mi-amusé mi-interrogatif. Un RISI à découvrir assurément pour découvrir une autre facette du cinéaste.

12 Douze hommes en colère (Lumet, Sidney)

note: 5Jour de colère GUHENNEC CHRISTIAN - 21 janvier 2017écoutez

Premier film et déjà l'évidence d'une maîtrise exceptionnelle chez Sidney Lumet. Ce film convoque, à l'approche d'un verdict qui s'annonce comme très possiblement la chaise électrique, les douze hommes du jury dans une pièce qui sera l'unique décor de plus en plus étouffant du film. Thriller haletant d'un échange tendu ou les arguments, les contre arguments et les revirements des uns et des autres forment la seule trame du suspense. Un film intemporel.

Mon deuxième frère (Imamura, Shôhei)

note: 2Un homme en colère GUHENNEC CHRISTIAN - 15 janvier 2017écoutez

Second film du grand cinéaste japonais, Mon deuxième frère (1959) reste d'une grande facture classique très loin de l’âpreté et de la rugosité que IMAMURA développera dans ses opus suivants. On y trouve toutefois déjà tous ses thèmes : la vitalité des marginaux (ici une famille coréenne issue de la minorité zainichi plongée dans le marasme du Japon des années d'après-guerre), les liens complexes de la famille, le commerce omniprésent et aliénant...et ce sens inégalé de l'espace (superbes panoramiques sur les petites îles du lagon et contre plongées sur le paysage minier). Un film à voir pour mesurer le parcours exceptionnel de ce maitre de l'image.

La vengeance est à moi (Imamura, Shohei)

note: 4Fureur et mystère GUHENNEC CHRISTIAN - 13 janvier 2017écoutez

Comme à son habitude, le grand cinéaste japonais illustre - sur la base d'un fait divers survenu dans les années 60 - la dérive autodestructrice d'un marginal qu'aucune loi ne saurait contraindre ni à plus forte raison stopper. La mort y est la seule échappatoire, tapie dans le décor et inscrite dès le premier plan. Dans un style très âpre et parfois proche du documentaire, IMAMURA mêle tous les thèmes qui lui sont chers depuis son premier ouvrage (violence familiale, rébellion contre toutes les institutions, suprématie de la femme au sein de la société japonaise). A l'évidence, un des plus grands films du maître.

Carmin profond (Ripstein, Arturo)

note: 3Les anges exterminateurs GUHENNEC CHRISTIAN - 13 janvier 2017écoutez

Assistant de Luis Buñuel, ce cinéaste mexicain partage avec ce dernier un humour noir - parfois à la limite de l'insoutenable - tout en jetant un regard toujours interrogateur sur les dérives humaines. CARMIN PROFOND (1996) est la très libre adaptation - dans une ambiance délibérément latino - d'un fait divers réel qui ensanglanta l’Amérique des années 40 : un couple de malfrats, lié par une passion démente et destructrice, arnaque avant de les supprimer des candidates au mariage. Sur ce même sujet, un autre film fût réalisé...l'extraordinaire et plus dérangeant encore LES TUEURS DE LA LUNE DE MIEL (THE HONEYMOON KILLERS, 1970) de Leonard Kastle.

Suite Armoricaine (Breton, Pascale)

note: 3L'éternel retour GUHENNEC CHRISTIAN - 13 janvier 2017écoutez

Film d'une profonde originalité comme d'une grande ambition, tranchant très largement avec le ronron de la quasi totalité du cinéma français actuel. L'auteur se propose dans un cadre on ne peut plus actuel (une cité universitaire de Rennes) d'illustrer dans un récit très sinueux les thèmes des destins entrecroisés, du sentiment de déjà vu ! Un film assurément complexe (d'autres diraient tarabiscoté) mais d'une belle richesse !

Les aventures du Baron de Munchausen (Gilliam, Terry)

note: 4Une féerie sans pareille GUHENNEC CHRISTIAN - 9 novembre 2016écoutez

Terry Gilliam a sans doute voulu que cette fois l'imaginaire triomphe du réel quand c'était l'inverse qui se produisait dans son précédent et merveilleux film BRAZIL (1985). Il a conçu son film comme un conte oriental ou les histoires (et mensonges) les plus invraisemblables recueillent pourtant notre approbation émue. Splendide visuellement, d'une folie galopante et contagieuse, c'est l'ouvrage d'un grand cinéaste à qui on laisse - pour la dernière fois - la bride sur le cou ! Et l'occasion de revoir grimé en roi de la lune le regretté Robin Williams !

Crimes au musée des horreurs (Crabtree, Arthur)

note: 1Un bien piètre fantastique GUHENNEC CHRISTIAN - 9 novembre 2016écoutez

Pourtant vanté par nombre de thuriféraires du cinéma anglais pré-gore, ce film de 1959 très médiocrement mis en scène accumule pourtant toutes les tares : pauvreté voire nullité des dialogues, invraisemblance des situations, maquillage à deux ronds ! Fallait t'il dans les années 60 relever de l'auto-suggestion pour voir dans ce nanar un joyau du fantastique ? Rien à sauver sinon la présence de Michael Gough, le majordome du Batman de Tim Burton !

Juliette des esprits (Fellini, Federico)

note: 4Quatre et quart (?) GUHENNEC CHRISTIAN - 3 novembre 2016écoutez

Réalisé après l'essentiel HUIT ET DEMI (1963), ce film occupe une place mineure dans l'oeuvre du maestro. Il est pourtant bien le pendant onirique féminin de son prédécesseur : Fellini y explore avec la même invention visuelle le monde des rêves et des fantasmes de Giuletta, merveilleusement interprétée par son épouse Giuletta Massina. Un film à rédécouvrir !

Hieronymus Bosch (Belting, Hans)

note: 4La vie et la mort en ce jardin GUHENNEC CHRISTIAN - 3 novembre 2016écoutez

Le Jardin des délices - dont ce n'est vraisemblablement pas à l'origine le nom donné par Jérôme BOSCH - est un des plus mystérieux tableaux de la peinture occidentale. Hans BELTING interprète - après de très nombreux exégètes - le triptyque du Jardin des délices comme une utopie proche des théories humanistes de son époque, celle de Thomas More par exemple. La question de Bosch est la suivante : «Que serait le monde, si le péché originel n'avait pas eu lieu ?». Un ouvrage original à compléter par le beau film de José Luis Lopez-Linares intitulé Le mystère Jérôme BOSCH.

Le manuscrit trouvé à Saragosse (Has, Wojciech Jerzy)

note: 5Les tiroirs-gigognes du fantastique GUHENNEC CHRISTIAN - 30 octobre 2016écoutez

Véritable gageure - et parfaitement accomplie - que d'avoir su mettre en images et en sons ce chef d'oeuvre de la littérature fantastique dû au polonais Jan Potocki (1761 - 1815). Et rien n'y manque : les récits imbriqués les uns dans les autres au risque (volontaire) de perdre le spectateur, la fluidité et la logique propres des rêves, l'incroyable déroute de la raison et les interrogations philosophiques qui s'y mêlent. Un monument du cinéma encore inégalé après 50 ans !

Midi-Minuit fantastique. Vol. 2 (Caen, Michel)

note: 5Les yeux du temps GUHENNEC CHRISTIAN - 27 octobre 2016écoutez

La médiathèque a eu une très heureuse initiative en faisant l'acquisition de ce nouveau volume de Midi-Minuit fantastique. Mieux encore que le premier (qui couvrait la période de mai 1962 à Juin 1963 - N°1 à 6), ce volume est un extraordinaire résumé de la passion qui guidaient ces fanatiques du cinéma fantastique mondial ! Rempli jusqu'à la gorge de photogrammes, d'affiches KITSCH comme de textes d'une très haute tenue littéraire, ce volume parle d'un temps - loin des DVD et d'Internet - ou les cinéphiles n'hésitaient pas à se rendre à Bruxelles ou à Londres pour visionner un film prometteur sur la seule foi d'une affiche entrevue au hasard d'un magazine !

Il était un père (Ozu, Yasujirô)

note: 5La plus belle des fables GUHENNEC CHRISTIAN - 23 octobre 2016écoutez

Passé sous silence avant une redécouverte tardive, IL ÉTAIT UN PÈRE (1942) du grand cinéaste japonais Yasujiro OZU mêle avec une simplicité - qu'on dirait biblique si l'action ne se déroulait pas au pays du soleil levant et du bouddhisme zen - tous les thèmes chers au cinéaste : transmissions père-fils; étudiants-professeurs, respect envers les morts, exaltation de la nature. Avec encore cette fois, le merveilleux Chishu Ryu, acteur fétiche d'Ozu ! Qu'est-ce qu'être père, qu'est-ce qu'être fils ? Et cette nécessité de l'éloignement, qui permet à la fois au père de cesser d'être un fils et au fils de devenir père à son tour.

la Clepsydre (Has, Wojciech J.)

note: 5Démons du passé, angoisse du présent GUHENNEC CHRISTIAN - 23 octobre 2016écoutez

Adaptation par Wojcieh HAS (Le Manuscrit trouvé à Saragosse, 1965) de plusieurs nouvelles fantastiques de l'écrivain polonais Bruno SCHULZ (1982-1942), LA CLEPSYDRE (1973) est un film qui n'a sans doute pas d'équivalent (peut être très lointainement certains films de TARKOVSKI comme LE MIROIR (1974) ou STALKER (1979) voire KUSTURICA et même GILLIAM). L’argument est simple: Un homme débarque d’un train fantôme, au milieu de nulle part, pour rejoindre son père interné dans un sanatorium. Il découvre alors un gigantesque bâtiment quasi abandonné où la vie et la mort, le réel et l'imaginaire se côtoient dans les couloirs du temps. Commence alors pour lui l’ultime voyage à travers son passé et celui de sa communauté. Film profondément politique (la Pologne traversant alors une phase de réactivation de son antisémitisme constitutif) est un trip très lucide sous le couvert d'une fable hallucinée. Un "house movie" ou le "réel et l'imaginaire cessent d'être perçus contradictoirement" (André BRETON)

Belzec (Moscovitz, Guillaume)

note: 4Faire parler les fantômes du passé GUHENNEC CHRISTIAN - 23 octobre 2016écoutez

A l'instar de SHOAH (1985) de Claude Lanzmann, Guillaume Moscovitz prend le parti de faire parler - non les témoins tous exterminés - mais ceux qui furent les voisins mi-terrifiés mi-indifférents du camp de Belzec, à la frontière ukraino-polonaise, où plus de 600 000 juifs périrent entre mars et décembre 1942 faisant par la même mentir la prédiction d'Heinrich Himmler " Une page glorieuse de notre histoire qui n'a jamais été écrite et qui ne devra jamais être écrite » ! Pour ténus que soient les traces physiques et lointains les souvenirs des villageois, ce film illustre une des pages les plus noires et sanglantes de ce terrible XXème siècle ! A noter en bonus, trois témoignages de contemporains de cette période de folie dont celui, extraordinaire d'intensité, de Braha RAUFFMAN qui fut cachée entre 7 et 9 ans dans le minuscule cagibi d'une porcherie du village à deux pas du camp. Elle en sortira ne tenant plus sur ses jambes, ne pouvant plus que murmurer, ne sachant plus ce qu'était le ciel.

The other (Mulligan, Robert)

note: 5Je est un autre GUHENNEC CHRISTIAN - 23 octobre 2016écoutez

Magnifiquement photographié et mis en scène, THE OTHER (L'AUTRE, 1972) de Robert MULLIGAN (Un été 42, 1972) est un authentique chef d'oeuvre du fantastique qui a très certainement influencé nombre de cinéastes et écrivains (FRIEDKIN pour L'Exorciste, 1973 ou DONNER pour La malédiction, 1976) voire Stephen KING ou encore le David LYNCH de TWIN PEAKS ! MULLIGAN sait comme personne distiller l'angoisse et le pressentiment au cœur même de la réalité la plus paisible ! L'inquiétude se nourrit du répit même que sait ménager le cinéaste au sein de l'intrigue ! Un très grand film à redécouvrir !

Midi-Minuit fantastique: l'intégrale Vol 1 (Caen, Michel)

note: 5Mythique !!!! GUHENNEC CHRISTIAN - 2 octobre 2016écoutez

Une revue de cinéma et un nom mythiques des années 60 - maintenant ressuscités - par des passionnés du cinéma gothique comme de tous les genres dédaignés par une critique "sérieuse" (Films de la HAMMER, Monstres) ! Ce premier volume qui comprend les 6 premiers numéros de la revue (King Kong, Dracula, Vamps) nous ramène à une époque ou la passion seule guidait la critique de cinéma !

Cochons et cuirassés (Imamura, Shôhei)

note: 4Des insectes et des hommes GUHENNEC CHRISTIAN - 2 octobre 2016écoutez

Trublion - comme son contemporain OSHIMA - du cinéma japonais des années 60, Shôhei IMAMURA (1926-2008) a composé une oeuvre immense (dont 2 palmes d'or à Cannes en 1983 et 1997) alternant documentaires et films de fiction, les 2 versants proposant une vision "entomologique" de la société japonaise. COCHONS ET CUIRASSES est le premier film (1961) ou il a pu - en narguant quelque peu la censure - donner toute la mesure de sa vision vitale et désenchantée. C'est aussi - comme tous les films qui vont suivre - un portrait peu glorieux de l'occupation américaine de cette époque.

Hotel Terminus - Klaus Barbie, sa vie, son temps (Ophuls, Marcel)

note: 5Le plus froid des monstres froids GUHENNEC CHRISTIAN - 2 octobre 2016écoutez

Cette oeuvre polyphonique du grand documentariste Marcel Ophuls (LE CHAGRIN ET LA PITIE, VEILLEES D'ARMES) confronte les mémoires des victimes et des bourreaux en un montage percutant, parfois ironique, traque les dissonances, les non-dits comme les repentirs ! Un document historique - en même temps qu'une authentique œuvre d'art - qui démontre - preuves à l'appui - comment un monstre froid a pu offrir ses services de tueur sans aucun état d'âme à tous les régimes politiques qui se présentaient à lui !

La peur (Gross, Jan Tomasz)

note: 4Au coeur des ténèbres GUHENNEC CHRISTIAN - 2 mars 2016écoutez

Un document saisissant, d'une lecture parfois ardue tant les données historiographiques (culture, géopolitique, ethnies) brassées par l'ouvrage, sont nombreuses. L'auteur dresse un panorama terrifiant (et volontairement polémique) de l'antisémitisme polonais qui sévit au lendemain de la seconde guerre. La description du pogrom de Kielce (juillet 1946) est le point culminant de cette période sinistre où les juifs sont les victimes expiatoires de la mauvaise conscience nationale. Un livre à méditer au moment du retour larvé de ce chancre qu'est le racisme !

Hippocrate aux enfers (Cymes, Michel)

note: 2Intéressante contribution GUHENNEC CHRISTIAN - 17 février 2016écoutez

Pour n'être pas essentiel à une historiographie de la médecine nazie - et parfois sujet à des erreurs factuelles (notamment sur la faculté de médecine de Strasbourg pendant l'occupation allemande)- le livre de Michel Cymes brosse avec talent et passion les portraits de plusieurs figures monstrueuses d'une science dévoyée par le nazisme.

Low (Bowie, David.)

note: 4L'avant garde en chantant GUHENNEC CHRISTIAN - 15 février 2016écoutez

Un disque fondamental dans la longue et éclectique carrière du THIN WHITE DUKE ! Fasciné par le kautrock allemand de ce milieu des années 70 (KRAFTWERK, NEU !) et son minimalisme inquiétant, Bowie se garde d'étouffer son génie mélodique pour autant, lequel revient en sourdine sur plusieurs chansons ! La new wave des années 80 saura se souvenir de son audace et son éthique anti-commerciale ! Sans lui ni JOY DIVISION ni BAUHAUS !

Cinq soirées (Mikhalkov, Nikita)

note: 4Tchekov 1958 GUHENNEC CHRISTIAN - 12 février 2016écoutez

Une confrontation intimiste entre les quatre murs d'un appartement communautaire du Moscou sinistre de la fin des années 50. Mikhalkov - dans un noir et blanc teinté de sépia (sauf la dernière séquence bouleversante ou le film retrouve sa couleur) - excelle dans la peinture de ces destins broyés par le conformisme et la tristesse soviétiques.

Sans témoins (Mikhalkov, Nikita)

note: 4Terrifiant huis-clos GUHENNEC CHRISTIAN - 11 février 2016écoutez

A la façon de l'Ingmar Bergman des SCENES DE LA VIE CONJUGALE, Mikhalkov - dans cette période soviétique de son œuvre - confronte ses 2 magnifiques interprètes dans un théâtre étouffant ou se mêlent les ombres d'un passé détesté et d'un futur incertain ! Superbe d'intensité et d'audace !

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