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Critiques rédigées par BARIDA LAURENT

 

La foire aux vanités (Thackeray, William Makepeace)

note: 5La foire aux vanités BARIDA LAURENT - 9 décembre 2019écoutez

Un classique de la littérature anglaise du XIXe siècle, au même titre que Jane Austen, Thomas Hardy et bien sûr de Charles Dickens ; William Thackeray, nous apporte sa verve et son jugement de la société de son époque. Une satire que nous retrouvons également avec Honoré de Balzac - la Comédie Humaine…
Sous le règne de George III, en Angleterre, nous allons partager le départ dans la vie, de deux jeunes filles ; aux caractères diamétralement opposés, Miss Amelia Sedley et Rebecca Sharp. La première issue d’une famille bourgeoise, charmante, aimable, souriante, généreuse ; bref une naïve « madeleine », […était en même temps, beaucoup trop humble, trop soumise pour oser concevoir une opinion personnelle] ; et Miss Rebecca d’origine modeste, charmante, intelligente, et surtout sans scrupule.
L’ascension de Miss Rebecca, grâce à ses mensonges, ses intrigues et surtout, d’un égoïsme démesuré, vont la porter au pinacle des honneurs. A l’opposé de sa sœur de cœur, qui va connaître les affres de la ruine et du désespoir.
Une critique sans pitié de la société anglaise, dont la vanité en l’occurrence, peut être transposable aux autres cours européennes ; où seuls l’apparence, les préjugés et le pouvoir de l’argent consacrent à ces sociétés, un parfum inégalé de la bêtise et de l’injustice humaine.

Une enquête du commissaire aux morts étranges. (Barde-Cabuçon, Olivier)

note: 3Humeur noire à Venise BARIDA LAURENT - 25 novembre 2019écoutez

La Sérénissime, va être le théâtre d’énigmes, que le chevalier de Volnay, le commissaire aux morts étranges, va tenter de résoudre, avec l’aide de son assistant, un moine empli de doutes et de sagesse.
A la demande de son ancienne maîtresse, la charmante Chiara, Volnay va devoir trouver le ou les coupables d’étranges pendus aux ponts de Venise ; mais, également du mystère de la mort du comte de Trissano.
Voyage également, où coexiste le règne des fêtes galantes et des jeux de hasard, des masques et des loups ; bref, d’une grande liberté de mœurs.
Voyage enfin, dans cette tragi-comédie, avec un personnage haut-en-couleur, Carlo Goldoni ; agrémenté en outre de fréquentes citations de Shakespeare.
Lecture agréable, avec un style fluide ; où cependant de grandes descriptions de l’organisation de la vie politique de la Sérénissime se font au détriment des énigmes, voire des relations amoureuses. Celles-ci trouvant un dénouement trop rapide ver la fin du roman.
Un bémol sur l’évolution des arcanes, une description des faits réalisés aux dépens de l’action ; mais peut-être faut-il s’imprégner de l’atmosphère de Venise et laisser vagabonder nos pensées sur les eaux tumultueuses de la lagune millénaire.

Les Chutes (Oates, Joyce Carol)

note: 5Les chutes BARIDA LAURENT - 9 novembre 2019écoutez

« Les chutes », mais pas n’importe lesquelles, celles du Niagara, bien sûr ! Et c’est dans cet endroit envoutant, que le récit se passe.
Juin 1957, le révérend Gilbert Erskine se jette dans les chutes du Niagara. Or il vient juste de se marier ! Son épouse Ariah Littrell est perçue par celui-ci, plus comme une sœur que sa femme. Leurs parents respectifs, pasteurs, ont arrangé leur union. Ainsi, Ariah ignore tout de la nature des hommes, son seul référentiel : la Bible. La nuit de noces, vire au cauchemar pour Gilbert, qui pour se purifier et pour unique issue, décide de se jeter dans les Horseshoe Falls…Pendant une période de 7 jours et nuits, elle va ectoplasme féminin chercher son époux. Ce qui fera d’elle, la « Veuve blanche des Chutes ». Un brillant avocat, Dirk Burnaby, va tomber sous le charme de cette belle ingénue, l’épouser, et avoir trois enfants. Jusqu’au moment où Ariah va montrer des troubles sérieux de comportement…Dans ce roman, Joyce Carol Oates, entrecroise, deux intrigues importantes, le rôle de la religion et pour le moins, la lutte pour la protection de l’environnement.
Finalement, un indicible plaisir offert par Joyce Carol Oates.

Le passage (Cronin, Justin)

note: 3Le passage BARIDA LAURENT - 16 octobre 2019écoutez

Anticipation ou science-fiction, « Le passage », premier tome d’une trilogie – Les douze (2013), La cité des miroirs (2017) – nous entraîne dans le thème fréquemment utilisée de la folie des hommes. Sujet d’autant d’actualité, que les recherches actuelles, souvent menées dans le secret, auront une incidence pour les générations futures.
Amérique du Nord, avant de devenir la « Fille de nulle part », Amy Harper Bellafonte, 6 ans est abandonnée par sa mère en total déliquescence, dans un couvent.
Dans le même temps, dans des coins reculés de la Bolivie, un virus fut découvert et expérimenté sur des condamnés à mort – la seule échappatoire pour ceux-ci - ; mais bien évidemment, l’armée responsable de ces essais, se voit débordée…Les prisonniers s’échappent.!
Deux parties bien distinctes, la première de nos jours, retrace l’origine de la Fille de nulle part et s’apparente à un thriller ; pour ensuite, « léger décalage » nous situer près d’un siècle plus tard, dans les affres d’une terre défigurée, livrée à des êtres assoiffés de sang. Bien longue, cette partie médiane du récit, et s’apparente aisément au film « Mad Max »… Pour enfin nous entraîner dans la fameuse lutte du bien et du mal.
Un roman fantastique, qui malgré certaines lenteurs, nous dévoile - peut-être - le sort d’une société livrée à la dictature des hommes de sciences.

Prodiges et miracles (Meno, Joe)

note: 4Prodiges et miracles BARIDA LAURENT - 25 septembre 2019écoutez

L’Indiana, nord des Etats-Unis, près des grands lacs, été1995, Jim Falls, 71 ans, vit seul avec son petit-fils métis de 16 ans, Quentin.
Jim, dans sa ferme, arrive à vivoter avec la production issue de son poulailler. Mais les temps sont durs, les factures impayées nombreuses ; et les rentrées d’argent aléatoires. Sa fille, Derdre, mère de Quentin, mène une vie dissolue, entre les hommes et la drogue ! Et passe parfois, voir son père et son fils.
Comment passer le temps, dans un trou perdu, avec pour seul horizon que la ligne infinie des champs et du bitume…Aussi Quentin, s’enferme-t-il dans l’écoute de sa musique et de jeux vidéo; à la recherche d’une raison de vivre, d’un espoir, et, sortir de « sa solitude infinie et sa colle à snifer ».
Vous avez dit Polar ? -Patience, tout vient à point à qui sait attendre.-
Ainsi, sorti du halo des mornes habitudes et du destin ; un événement surprenant et générateur de faits dramatiques, survient. Un matin, un pick-up doté d’un van, survient, et livre à Jim, une magnifique jument blanche de course.
Un héritage, un don, une erreur ou bien un miracle ?
Joe Meno, nous entraîne dans des vastes contrées, pleines de silence, de moiteur, voire de désespoir. Son style est fluide et percutant, avec en toile de fond, les questions existentielles sur la vie et l’amour, dans les grandes étendues de terre et de poussière, du Midwest.

Persuasion (Austen, Jane)

note: 5Persuasion BARIDA LAURENT - 18 septembre 2019écoutez

L’Angleterre, début du XIXe siècle, Anne Elliot, jeune fille extrêmement jolie, avec de la douceur, de la modestie, du goût et de la sensibilité est âgée de vingt-sept ans ; avec cependant un caractère effacée, voire taciturne ; est la seconde fille de Sir Walter Elliot, baronnet, vaniteux de sa personne et de son titre.
Auparavant, à dix-neuf ans, elle rencontra le capitaine de frégate, Frederick Wentworth et par une communion d’idées et de jeunesse, s’aimèrent rapidement. Et succéda, à cette période euphorique, une grande désillusion, car, ni son père – qui trouva cette alliance très déshonorante, - ni Lady Russell, sa mère de substitution, n’acceptèrent ces fiançailles. En effet, le capitaine n’avait pas de fortune, pas de recommandations, et un métier des moins sûrs…
Ainsi donc, huit ans plus tard, ressurgit, le capitaine Frederick Wentworth, mais honoré de victoires et surtout d’un capital de 25 000 livres, réalisé grâce aux prises de guerre. Quelle conclusion Jane Austen nous réserve-t-elle ?
Un univers clos, à l’expression unique, des sentiments dans un microcosme à mille lieues de la réalité vécue par la population. Que l’on retrouve également, chez Thomas Hardy et les sœurs Brontë, notamment. Mais malgré tout, un régal de lecture et de sentiments, sans orgueil, ni préjugés, bien sûr…

Cent millions d'années et un jour (Andrea, Jean-Baptiste)

note: 4Cent millions et un jour BARIDA LAURENT - 16 septembre 2019écoutez

Le monde des fossiles est confiée aux paléontologues. Justement Stanislas Henri Armengol, est l’un de ceux-ci. Il vit dans sa coquille et uniquement pour son travail : sa passion.
A 52 ans, pas de compagne, très peu d’amis, une anecdote d’un vieillard, lui fait subodorer l’existence d’un squelette de dinosaure ; lequel, il ne le sait pas, mais déjà l’imagine…un diplodocus, un brontosaure, un apatosaure ? Cela sera sa quête, son graal à lui, rien qu’à lui. Juillet 1954, avec quelques amis, il s’aventure, dans un périple risqué, entre le Mercantour et Argentera, dans les montagnes à la recherche de la grotte qui devrait renfermer son trésor…Pour se prouver à lui et à la postérité, la découverte d’un fossile qui porterait son nom et justifier ainsi une longue vie morne et sans idéale : « Les seules monstres, là-haut, sont ceux que tu emmènes avec toi ».

Que de misères dans le départ dans la vie, des enfants. Et Stan n’y échappe pas non plus, entre une mère battue et un père, le « commandant », régulièrement ivre, où la seule échappatoire serait de gérer la ferme ! Rien qui ne puisse effacer sa timidité et sans doute sa lâcheté. Il cumule les actes manqués, aussi réalise-t-il ici son ultime acte insensé : « partir, c’est déjà réussir. ».
Décors de rêves : bref, nous partageons sa quête ; bref, des lieux qui incitent au mysticisme, suggéré par Jean-Baptiste Andrea.

L'année de la pensée magique (Didion, Joan)

note: 3L'année de la pensée magique BARIDA LAURENT - 23 août 2019écoutez

Drame réel de la vie quotidienne ; Joan Didion, voit son mari, l’écrivain John Gregory Dunne, s’écrouler et tomber, lors d’un dîner ; victime d’une attaque coronarienne subite et foudroyante.
Nonobstant cette tragédie, Quintana, leur fille unique et adoptée, se trouve dans une unité de soins intensifs, entrée pour une grippe hivernale, il s’avère qu’elle a une pneumonie avec choc septique…

S’ensuit une période d’un an – l’année de la pensée magique – où l’affliction, fait place à la recherche de sa paix intérieur. Fuir les regrets de multiples projets avortés, admettre réellement, la douleur, la détresse. En finir avec le face à face avec la mort, évacuer le choc, l’hébétude et l’incrédulité…

Sans nul doute, qu’il s’agit là d’une grande perte, d’épreuves, pour Joan Didion, après 40 ans de mariage, et de complicités intellectuelles. L’écriture de ce roman participe à exorciser le drame qu’elle a subi, d’autant que sa fille décédera deux après celui de son mari…

L’année de la pensée magique se rapproche, me semble-t-il, – journal intime ? – du moyen de surmonter ainsi ces indicibles épreuves.

No home (Gyasi, Yaa)

note: 5No Home BARIDA LAURENT - 16 août 2019écoutez

XVIIIe siècle, sur la Côte-de-l’Or (Ghana), Yaa Gyasi, nous retrace l’histoire de deux demi-sœurs, Effia et Esi. Destin croisé, sur plusieurs générations, de celles-ci, qui commence dans les terres des Fanti et Ashantis.

L’une, Esi, va connaître le parcours effroyable des esclaves, pour la lointaine Amérique. Une fois capturée, vendue, elle sera enfermée au fort Cape Coast, dans des conditions inhumaines, avant, de connaître celles des navires négriers…Où l’horreur le dispute à la bestialité humaine.

Quant à Effia, acheté pour 30 livres, elle deviendra l’épouse du gouverneur de Cape Coast. Et perpétuera une lignée d’enfants métissés, fidèles à leurs terres et coutumes.

A travers cette longue épopée, nous voyons les ravages causés par le colonialisme des pays européens, et le commerce des esclaves qui va en découler !
Sans oublier la participation des différentes ethnies noires, qui y contribuèrent également, pour l’argent et la prépondérance de leurs ethnies. « Tout le monde était responsable. Nous l’étions tous…Nous le sommes tous ».

Un long récit, sur les exactions de « l’homme blanc » afin d’assouvir sa soif du pouvoir et de l’argent ! Avec cette phrase me semble-t-il toujours d’actualité « Nous reviendrons pour construire le pays que les blancs veulent que nous construisions. Un pays qui continuera à les servir. Nous ne serons jamais libres. ».

Carthage (Oates, Joyce Carol)

note: 5Carthage BARIDA LAURENT - 25 juillet 2019écoutez

Carthage, état de New-York, Cressida Mayfield, 19 ans, disparait. S’agit-il d’une fugue, d’un crime ? Sa famille après une sidération normale, remue ciel et terre afin de la retrouver.

Jeune fille difficile à appréhender, elle se défini elle-même comme « la moche mais l’intelligente » a l’opposé de sa sœur Juliet, « la belle »…Introvertie, elle manie l’ironie avec aisance au détriment de son entourage, voire même de ses parents.

Ne serait-elle pas jalouse, d’ailleurs, de sa sœur fiancée au jeune caporal Brett Kincaid, héro de la guerre en Irak mais revenu brisé et invalide. Tant de faits révoltants s’y commettent d’ailleurs ; origines d’un état de stress post-traumatique…

D’autant que des cheveux et des traces de sang, sont retrouvés dans la jeep de celui-ci, alors ? Faisant, évidemment figure de suspect numéro un, après des dénégations, il confesse le meurtre.

Voici la trame de ce roman, que Joyce Carol Oates, nous incite à décortiquer. Mais cette analyse s’effectue sur plusieurs niveaux : l’interaction de chacun des personnages de la cellule familiale, le rapport avec le monde des médias, le rouleau compresseur du manque de discernement de la foule anonyme qui juge sur les apparences, et celui surtout de la force du pardon…Et l’acceptation de tout un chacun, sur l’altérité !

Carthage, roman profondément humain, sur le droit à la vie, sur le don de soi : ne peut laisser indifférent.

Et maintenant il ne faut plus pleurer (Ullmann, Linn)

note: 2Et maintenant il ne faut plus pleurer BARIDA LAURENT - 15 juillet 2019écoutez

Mailund, petite ville de villégiature en Norvège. Une adolescente de 19 ans est retrouvée, enterrée dans la proche forêt. Elle est découverte par trois jeunes à la recherche de leur trésor enfoui près d’un arbre.

Mille, une beauté lunaire – j’ignore, à mon grand regret, ce qu’est ce type de beauté - a été violée, tuée. Elle était chargée de garder les enfants de Siri Brodal, restauratrice, pendant l’absence de celle-ci. Alors que Jon, son mari, se réfugie tous les jours à l’étage afin d’écrire le troisième volet de sa trilogie. Sa disparition intervient lors d’une fête organisée à l’occasion des soixante-quinze ans de la mère de Siri, Jenny.

Un thriller norvégien, de Linn Ullmann, ou l’action cède la place à l’introspection de chacun, face à ses doutes et ses angoisses.
Où la grande question : « Qu’ai-je fait de ma vie, au juste ? » triture les méninges de tous les intervenants de ce livre.
Où les secrets de famille et les non-dits, présents à chaque instant, nous laissent subir une grande pesanteur et une indicible détresse…

Une impression ressentie, lors d’un film d’Igmar Bergman: « Sonate d’automne »…L’importance des regards, le silence des paroles nous invitent à la réflexion sur notre propre existence.

Certes, « Et maintenant il ne faut plus pleurer », ravira plus les adeptes du thriller psychologique que ceux du polar.

Bondrée (Michaud, Andrée A.)

note: 4Bondrée BARIDA LAURENT - 5 juillet 2019écoutez

Avec « Bondrée », j’ai eu l’impression de lire un – Polar environnemental -, en effet, l’action se passe à la frontière du Maine et du Canada. Près du lac Boundary Pond – d’où d’ailleurs le titre du livre- ; et se révèle être un sanctuaire pour la faune et la flore.
Paradis, hum, j’en doute, lorsqu’ une jeune fille, Elisabeth – Zaza - Mulligan, fut retrouvée prise par un piège à ours. Bientôt suivi, de l’amie de Zaza, Sissy Morgan, dans les mêmes conditions. Pour le vieillissant inspecteur-chef : « l’horreur qu’il avait sous les yeux ne pouvait relever d’une simple coïncidence ». Innocentes, sans doute, elles l’étaient, mais : « des aguicheuses, des intrigantes qui perturbaient l’ordre moral de Boundary ».
L’inspecteur-chef Stan Michaud (clin d’œil), avec l’aide de son adjoint, Jim Cusak, va devoir non seulement résoudre ces deux crimes, mais aussi éviter la découverte d’autres victimes. La population et le gouverneur, réclament d’ailleurs rapidement, la tête de l’auteur de ces abominables tueries.
Il paraît évident que le criminel, fait partie de la communauté installée autour du lac, mais lequel ? Et pour quels motifs ?
Sujet éminemment d’actualité…
Bref, s’évader de nos milieux urbains, et trembler, dans les brumes, parfois inquiétantes, des sombres forêts…

Meurtres à Willow Pond (Crabb, Ned)

note: 3Meutres à Willow Pond BARIDA LAURENT - 23 juin 2019écoutez

Le Maine - Etats-Unis - , un paysage couvert de forêts, de marais et de vastes étendues, dont le domaine de la pêche représente une part essentielle du tourisme. Un paradis de la nature, avec ses lacs, ses plongeons huard, et surtout le black-bass, prisé des pêcheurs pour sa combativité.

Bien, voici planté le décor, que Ned Crabb (j’évite le jeu de mots facile), va nous entraîner. Idyllique, n’est-ce pas ! Un roman noir, avec une évocation, entre autres, pour le moins à peine voilée, du livre « Des petits nègres » d’Agatha Christie.

Un huis clos, qui déchaînera non seulement les foudres de la nature mais également celle des hommes ! Avec pour moteur habituel, le leitmotiv habituel des causes pour le policier, à savoir : l’amour bien sûr, la cupidité, la luxure…

Peu de surprises, par conséquent, sur les actions des uns et des autres ; où chaque personnage porte sa « croix ». Reste le couple Godwin, qui représente le fil rouge et nous apporte un peu de candeur et de sagacité.

Trop d’archétypes dans ce roman m’ont juste permis d’aller chercher la solution et de m’envoler dans le paradis de cette grandiose Nature ; qui jamais n’aurait dû être défloré par l’espèce humaine.

Le chant des plaines (Haruf, Kent)

note: 5Le chant des plaines BARIDA LAURENT - 13 juin 2019écoutez

Avec, « Le chant des plaines », nous entrons dans une autre dimension ; celle où l’on écoute le silence, les trilles des passereaux, le murmure du ru, et le voyage des nuages aux confins des plaines. Un focus sur le monde agricole du Colorado, dans la bourgade de Holt, une autre vie, un autre rythme, une échelle des valeurs humaines différente nous envahie ; et je dois dire, qu’au début de ce roman, c’est moi qui était perdu ; avant de me fondre dans ce récit.

Une jeune fille, Victoria Roubideaux, se trouve enceinte, à l’âge de 17 ans ; son ami l’a quitté. Sa mère n’acceptant pas cette situation décide de la chasser du domicile.

En parallèle, Tom Guthrie, professeur vit avec ses deux jeunes enfants : Ike et Bobby. Et la mère de ceux-ci, dépressive est retournée chez sa sœur à Denver.

Enfin, les représentants de ce monde rural, les frères McPheron, qui vont, en vertu d’une compassion innée, apporter des solutions pour Victoria et indirectement à Tom.

Le style de Kent Haruf, surprend de prime abord, les conversations intégrées dans le texte, sans ponctuation ; une vue à la troisième personne, par moments.

Un plaisir devenu indicible au fur et à mesure de ma lecture ; avec un retour à l’essentiel, l’entraide, la patience et l’amour du prochain. Une magistrale thérapie apportée à notre monde stressé.

Le saut de l'ange (Gardner, Lisa (romancière))

note: 4Le saut de l'ange BARIDA LAURENT - 8 juin 2019écoutez

New Hampshire, en pleine forêt, une femme ensanglantée – Nicky - arrête un automobiliste, afin que celui-ci recherche avec elle, sa fille Vero. En effet, elle vient avec son véhicule, de réaliser « un vol plané de toute beauté » dans le contrebas de la route.

Point de départ d’une intrigue psychologique de grande ampleur. En effet, avec son mari, Thomas Franck, ils partent à la recherche de leur fille…Et ne la trouvent pas, malgré l’aide des services de police !

D’autant que, le sergent Wyatt Foster avec l’aide de Tessa Leoni, apprennent que Nicky a déjà subi 2 autres accidents, et reste sous l’emprise de commotions cérébrales.

Cet enfant existe-t-il ?

Résoudre cette énigme, semble facile, a priori, mais Lisa Gardner, nous « invite » dans de multiples chausse-trappes ; où, il convient de l’admettre, il est bien facile d’y tomber…

Ce thriller, met en exergue, le suivi des tourments et des vicissitudes de cette femme, et nous obligent à une attention soutenue de tous les instants ; afin selon notre propre personnalité, de l’entourer de notre empathie ou de notre incompréhension.

La valse des arbres et du ciel (Guenassia, Jean-Michel)

note: 5La valse des arbres et du ciel BARIDA LAURENT - 28 mai 2019écoutez

Après notamment, Le club des incorrigibles optimistes, Jean-Michel Guenassia, nous invite, dans l’univers de la peinture. Avec comme artiste peintre, l’un des plus grands, Vincent van Gogh.
Et plus précisément, dans les 70 derniers jours de sa vie, à Auvers-sur-Oise. Ainsi, il s’installe dans une petite chambre de l’auberge Ravoux ; où il sera sous la tutelle médicale du docteur Gachet, chargé de maîtriser et juguler l’instabilité mentale du peintre.
Nous entrons maintenant, dans une hypothèse quant à la relation que la fille du « bon » docteur, Marguerite, qui souffre et étouffe de la mainmise de son père, sur son avenir. Marguerite a 19 ans et envisage de partir aux Amériques afin d’échapper à un mariage d’argent convenu par son père.
Moments d’espoir et d’opportunité, pour Marguerite, de la rencontre avec Vincent, qui a le double de son âge. Elle tombe éperdument amoureuse de celui-ci et se veut être son esclave. Sentiments guère partagé par le peintre, qui ne vit et ne rêve que par et pour la peinture.
Jusqu’au moment fatidique de sa mort, d’un coup de révolver. Et Jean-Michel Guenassia, nous offre avec beaucoup d’empathie une possible hypothèse à ce drame, sur lequel plane toujours l’incertitude…

Thérèse Raquin (Zola, Émile)

note: 5Thérèse raquin BARIDA LAURENT - 20 mai 2019écoutez

Paru en 1867, le livre, Thérèse Raquin, fut dès sa sortie, qualifié de « littérature putride »…Cette tragédie créée avant la série des Rougon-Macquart, évolue dans un huis clos avec peu de personnages.

Nous trouvons, dans ce roman, le triangle infernal, porté au paroxysme : de l’épouse, du mari et de l’amant. Où les participants à l’adultère sont dominés par leurs pulsions, laissant, dans un premier temps, libre cours à leurs désirs. Pour enfin, supprimer le mari gênant afin d’assouvir leurs folies.

Chapitre oppressant, que celui, de la découverte du corps du noyé dans la morgue ; avec des descriptions réalistes et macabres.

La morale sera-t-elle sauvée ? En effet, après la phase idyllique va apparaître celle de la haine indicible entre les deux amants pour se terminer par la mort de ceux-ci.

Roman naturaliste (ne rien cacher de la réalité) et noir, Zola désire satisfaire, ainsi, le goût du public, de l’époque…Notons que la trame et le thème de ce roman, existe malheureusement, toujours, de nos jours.

Un hiver long et rude (Lawson, Mary)

note: 4Un hiver long et rude BARIDA LAURENT - 1 mai 2019écoutez

Début des années 60, un village perdu dans le froid et la neige du Canada, et où vit la famille Cartwright. Une famille qui semble unit, grâce à l’omniprésence de Megan, la fille qui partage avec sa mère la tâche de s’occuper de la famille ; importante d’ailleurs, car hormis le père Edward, la mère Emily, Megan a 7 frères…
Au fil de l’avancée du roman, nous apprenons, qu’Emily, délaissée par le manque d’amour de son mari, se réfugie dans le fait d’être une parturiente ! La conséquence de cette situation réside dans son abandon total et catégorique de s’occuper, à la fois, de l’ordre de son foyer mais également et surtout de ses autres enfants !
Megan ayant atteint ses 21 ans, décide, après beaucoup d’hésitations, de vivre enfin Sa vie, de connaître le monde. Elle part donc découvrir Londres.
Jusqu’au moment…où…Tom, l’un de ses frères, l’appelle et lui demande de revenir gérer la cellule familiale, qui part à vau- l’eau…Va-t-elle céder à sa demande ?
Un père présent physiquement mais absent, une mère qui sombre dans la folie, des enfants livrés à eux-mêmes. Le vide, que dis-je, le néant dans la perception des sentiments ancestraux du noyau de la Famille.
Un voyage irréel dans une famille, où, le désespoir de la vie ne le cède qu’à l’égoïsme des adultes.

A la ligne (Ponthus, Joseph)

note: 5A la ligne BARIDA LAURENT - 15 avril 2019écoutez

J’écris comme je travaille
A la chaîne
A la ligne

C’est l’histoire d’un homme
En Bretagne qui a besoin de vivre
En Bretagne il faut aussi pognon

De sot métier il n’y a pas
Et de conserveries de poissons aux abattoirs
je n’hésite pas mais quel dur labeur

Histoire vraie pénible harassante ou l’on devient un robot
A force de travail sans but ni gloire mais il faut bien vivre
A force de travail il faut tenir vivre vivre sans cesse

Histoire vraie qui ne peut laisser indifférent
Histoire vraie sur le devenir de l’Homme
Histoire vraie que j’ai adoré

Underground railroad (Whitehead, Colson)

note: 5Underground Railroad BARIDA LAURENT - 12 avril 2019écoutez

Un très beau roman sur l’un des événements majeurs des Etats-Unis : la guerre de sécession, avec comme motif principal : l’esclavagisme.

Cora, jeune fille noire de 16 ans, survie dans une plantation de coton, en Géorgie. Sa mère l’abandonne en s’enfuyant. Elle décide de s’enfuir de cet enfer, avec un autre esclave Caesar, et d’aller vers le Nord, la terre promise, le lieu des libertés. Un monde utopique, pour elle, mais garant d’une vie meilleure.

L’un des moyens les plus rapides et sûrs s’avère être le chemin de fer clandestin ( Underground Railroad ), qu’utilisent les esclaves noirs américains pour se réfugier, si possible jusqu’au Canada avec l’aide des abolitionnistes qui adhéraient à leur cause. Un périple qui représentait : « La piste des larmes et de la mort »…

Un récit poignant, avec dans ces états du sud, un racisme à l’état pur…Ainsi Colson Whitehead nous délivre ce devoir d’information, pour ne pas fermer les yeux devant l’innommable, l’abject !

Et comme l’écrit James W. Loewen : « Les états confédérés ont fait sécession pour maintenir l’esclavage, comme expression de la suprématie blanche. ».

Ainsi, nous pouvons, grâce à la lumière d’ Underground Railroad quitter les chemins obscurs de l’hétérodoxie.

Fantazmë (Tackian, Nicolas)

note: 5Fantazmê BARIDA LAURENT - 4 avril 2019écoutez

Paris, 36 quai des Orfèvres, le commandant Tomar Khan, va être amené à enquêter sur deux morts, dont l’un était un dealer albanais.

Nous allons rentrer dans un monde sordide : de cruauté, de concupiscence, de misère humaine…Un monde soumis à la loi du plus fort, un monde où la pitié n’existe pas, où seul l’argent règne en maître.

Son enquête, avec sa fidèle équipe, va le mener sur la route des migrants et de la traite des femmes. Avec comme corollaire, la vengeance d’un spectre « Fantazmë » en albanais, bien résolu à être le bras armé de la justice, mais sa « propre » justice.

En filigrane, un inspecteur de l’IGS, le lieutenant Antonin BELKO, le poursuit lui et sa compagne (adjointe de son équipe), pour des faits antérieurs – l’affaire Müller-.

En outre, un problème de santé récurrent, le déstabilise pendant son enquête, et l’amène à s’interroger.

La lecture du thriller précédent –Toxique-, apporte plus de suspense à celui-ci, et améliore le profil psychologique de tous les intervenants. Enfin, un brin d’humanité, sous-jacent à ce climat étouffant d’atrocités, existe, cependant.

Un thriller qui prend à la gorge, et vous interroge sur la bassesse humaine.

Bel-Ami (Maupassant, Guy de)

note: 5Bel-Ami BARIDA LAURENT - 31 mars 2019écoutez

La Belle époque, Paris pendant la seconde moitié du XIXe siècle, Georges Duroy - Bel-Ami - se retrouve à Paris, après avoir quitté sa Normandie.

Nous allons assister à l’ascension d’un personnage ambitieux, par l’exploitation (le mot n’est pas trop fort) de la gente féminine. Dans un milieu difficile à pénétrer, la presse…afin d’atteindre son objectif : la fortune et la gloire. Egalement obtenir la satisfaction de son égocentrisme et se garantir une plénitude financière.

Maupassant se veut réaliste, dans tous les compartiments de son roman ; que ce soit l’argent, la presse et bien sûr l’amour. L’amour vecteur de son arrivisme, lui permettra de satisfaire, enfin, à la fois son orgueil et sa vanité.

Maupassant évoque sans fioritures, la corruption politique, l’expansion coloniale. Un monde, où les bonnes paroles, où le paraître, où le règne des convenances représentent le parangon de l’existence de ces bourgeois et nobles.

Et quel plaisir, de lire, que dis-je, de savourer le style de celui-ci. Un moment de pur plaisir, aussi bien sur le fond que la forme. Classique quand tu nous tiens !

Entrez dans la danse (Teulé, Jean)

note: 5Entrez dans la danse BARIDA LAURENT - 17 mars 2019écoutez

Sur une chronique alsacienne de 1519, et des faits intervenus le 14 juillet 1518 à Strasbourg ; Jean Teulé nous offre avec son talent de narrateur, l’évolution d’une étrange épidémie qu’a subie les habitants de cette ville.

Or donc, cette année-là, Frau Troffea, sort de chez elle et se met à danser. Le plus surprenant, sans aucune musique ; mais elle dansait sans interruption pratiquement. Si au début la foule assistait à ce spectacle, il apparût rapidement, que celle-ci, se laissa entraîner, à son tour.

Pour quelles raisons, cette épidémie eut-elle lieu ? Une accumulation de catastrophes, parmi : la sécheresse, la lèpre, la peste…et sans doute l’arrivée du protestantisme, avec Martin Luther.

« Entrez dans la danse », nous informe, mais également nous déroute par cet événement de l’histoire, peu ou prou connu. En outre avec la truculence des mots proposés par Jean Teulé, nous ressentons le besoin impérieux de danser sur ces mots, nous aussi...

Les anges meurent de nos blessures (Khadra, Yasmina)

note: 5Les anges meurent de nos blessures BARIDA LAURENT - 12 mars 2019écoutez

[…sais-tu pourquoi nous n’incarnons plus que nos vieux démons. C’est parce que les anges sont morts de nos blessures.]. Les ténèbres, le jeune algérien Turambo, va les connaître.

De son village perdu, du désert infini de la solitude, où domine la seule question : savoir que faire pour survivre ? Va devenir le leitmotiv quotidien.

Des années 30, Oran sera le tremplin de notre jeune Turambo, grâce à son direct du gauche. La gloire va lui être promise, à force de travail, d’obstination et de sérieux…Mais l’Amour des femmes : de Aïda la belle du caravansérail, à Irène la femme, son amour, son espoir, son égérie...

Yasmina Khadra, une fois de plus, nous emporte dans le conflit entre le respect de la religion et l’attirance de l’amour. Le dilemme du couple entre le jeune arabe et la belle européenne ; le respect des convenances, de la famille, des anciens. Ainsi le succès lui permet de côtoyer un monde qui n’est pas le sien ; où l’argent et l’hypocrisie règnent en maître !

Ascension et déchéance ; faire le choix, le bon choix, Turambo pourrait-il maîtriser son destin, être enfin heureux ?

Les anges meurent aussi…

Terminus Elicius (Giebel, Karine)

note: 5Terminus Elicius BARIDA LAURENT - 21 février 2019écoutez

Elicius surnom de Jupiter, avec pour attribut, notamment le bâton de foudre qui fond sur sa proie. Karine Giebel nous entraîne dans le sud de la France, dans le périmètre de Marseille où vit son héroïne.

Or, Jeanne vit sagement, sans heurts et pétrie d’habitudes. Avec un travail, sans responsabilités ; administrative dans l’un des commissariats de Marseille. Sa timidité, rend Jeanne, inexistante et transparente dans le bureau qu’elle partage avec d’autres collègues.

Puis, un événement va transformer sa vie en enfer…Juste une petite lettre glissée entre deux sièges, qu’elle occupe régulièrement ; même place, même horaire, de Marseille Saint-Charles à Istres…

S’agit-il d’une lettre d’Amour, de Haine ? Nous commençons à partir de cet instant, un « voyage au bout de la nuit » !

Comme à l’habitude, un style prenant, haletant, qui nous invite à parcourir rapidement ce thriller afin d’en connaître l’épilogue.

Le dimanche des mères (Swift, Graham)

note: 2Le dimanche des mères BARIDA LAURENT - 19 février 2019écoutez

Voici un court roman britannique, qui je l’avoue n’a pas emporté mon enthousiasme, à l’inverse de beaucoup d’autres lecteurs.

Mars 1924, une jeune domestique, Jane Fairchild, bénéficie d’un après-midi de loisir, normalement prévu pour aller voir sa mère.

Etant orpheline, elle va passer ce moment de liberté, avec son amant, Paul Sheringham. Derniers et ultimes moments, pour ces amants éprouvés ; en effet Paul doit se marier prochainement avec une riche héritière, Emma Hobday – sans nul doute un mariage arrangé -. Les temps sont durs, pour toutes ces familles bourgeoises, la réduction du train de vie devient un incontournable besoin.

Graham Swift, va pendant de longues pages, nous inviter dans leurs ébats, puis une fois celui-ci parti ; aux sentiments de « plénitude » de Jane, seule dans le manoir, qui va, nue, explorer les différentes pièces. Peut-on parler se sensualité ? De vulgarité, peut-être pas, mais difficile de sentir les émouvants propos de Jane à l’aune des mots, parfois, trop crus.

Il effleure, par certaines « images », les relations vues dans « Downton Abbey », et j’ajouterai « Vingt-quatre de la vie d’une femme » de Stefan Zweig, quant à la fin de ce roman.

Les déraisons (Oultremont, Odile d')

note: 5Les déraisons BARIDA LAURENT - 17 février 2019écoutez

Surprenant premier roman d’Odile d’Oultremont ; année 2016, Bruxelles, Adrien Bergen, employé travaille dans une entreprise publique, AquaPlus – service des eaux de la ville-.

Il représente l’archétype de l’employé modeste voire insignifiant, celui qu’on ne remarque jamais, d’une timidité maladive, pas loin d’être asocial ! Sa vie est rythmée par l’absence de passion, avec un florilège d’habitudes ; et ainsi sa vie s’écoule calmement empreinte d’une grande monotonie…

Jusqu’au jour où…Lors d’une démarche commerciale, il croise Louise Olinger, peintre. Débute alors, la période bleue, le grand Amour, puis le mariage.
Jusqu’au jour où…L’AquaPlus décide, au nom de la rentabilité d’entreprise, de diminuer son personnel, et envoie Adrien, dans un placard -plutôt un débarras -, et l’oublie ; et surtout la découverte du cancer des poumons de Louise.

Et commence la lutte inégale contre la maladie et les réactions de l’entreprise. Moments émouvants, où Louise va combattre avec ses armes : la désinvolture, l’ironie, notamment. Avec l’omniprésence d’Adrien, qui la soutient, qui l’accompagne et subit la dure Loi de sa société AquaPlus qui cherche par tous les moyens à le broyer, grain de sable inacceptable au sein du « time is money »…
Livre touchant, livre attachant, livre à lire.

Jusqu'à ce que la mort nous unisse (Giebel, Karine)

note: 5Jusqu'à ce que la mort nous unisse BARIDA LAURENT - 16 février 2019écoutez

Colmars-les-Alpes, petite commune des Alpes-de-Haute-Provence, est située au confluent du Verdon et de la Lance. L’Ancolie des Alpes, fleur endémique des Alpes, mais également le nom du chalet de Vincent Lapaz, guide de moyenne montagne.

Vincent vit seul, depuis le départ de sa femme avec un touriste parisien ; Il n’a pas compris ce geste, le désespoir l’a envahi, et cette plaie ne le quitte jamais, nuit et jour.

Mais un jour, son ami d’enfance trouve la mort dans la montagne. Accident, suicide voire un meurtre ! Début d’une longue quête de la Vérité. Le monde est petit dans cette vallée, les animosités, les secrets de famille, les arrogances existent dans ce microcosme humain.

Pour faire face, aux questions qui le hantent, il va obtenir l’aide d’une jeune gendarme, Servane, avec laquelle une relation ambiguë va naître afin d’élucider cette affaire.

Une enquête haletante - Karine Giebel le fait très bien -, qui va mener dans la montagne, dans des panoramas grandioses, avec des sentiers bordés de fruits sauvages, d’animaux alpins...Des lieux que Vincent affectionnent afin de s’offrir un sentiment de plénitude avec « Sa » montagne, seul moment de calme dans ses noires pensées.

On ose espérer que les derniers rayons de soleil apparaissant sur les cimes, illumineront la victoire de la vérité sur la cruelle bêtise humaine…

La voie royale (Malraux, André)

note: 5La voie royale BARIDA LAURENT - 8 février 2019écoutez

Faut-il présenter André Malraux ? Non, bien sûr, Homme de grand talent dans divers domaines. En 1930 paraît, « La voie royale », un roman autobiographique, sur ses mésaventures au Cambodge. Précisons que l’aventure, sert aussi à porter des questionnements sur l’existentialisme, thème cher à Malraux ; « l’existence précède l’essence », en l’occurrence l’homme se créer et détermine son destin par ses actes…

Claude Vannec jeune architecte breton, et Perken Danois, décident de prendre la voie royale (qui reliait Angkor et les lacs du Ménam) pour des motivations différentes. Voler des bas-reliefs pour l’un et retrouver un vieil ami, Grabot, pour l’autre.

Si les péripéties ne manquent pas, André Malraux décrit parfaitement les lieux et l’atmosphère étouffante de leur périple dans la jungle, avec les multiples dangers inhérents. Comble de l’horreur, quand enfin ils parviennent à retrouver Grabot, détenu par les Stiengs, territoire des Moïs, guerriers cruels armés d’arbalètes.

Aventure asiatique, certes, mais évolution de la destinée, que tout être humain forge de ses choix. Sans omettre, bien présents dans ce roman, les notions : de la soumission, du sexe et de la mort.

Où passe l'aiguille (Mougin, Véronique)

note: 5Où passe l'aiguille BARIDA LAURENT - 1 février 2019écoutez

J’ai abordé le livre de Véronique Mougin avec des a priori, le monde de la couture, voire de la haute couture, voilà à mon humble avis rien de bien transcendant.

Le départ de l’action se situe en Hongrie, où Tomas – Tomi – jeune garçon turbulent, se refuse à exercer le métier de son père : tailleur, plutôt maître tailleur. Mais l’horreur de la guerre va rattraper cette famille, l’éclater dans le camp d’Auschwitz-Birkenau puis de Buchenwald, de Bergen-Belsen et enfin dans le camp de concentration / extermination de Dora-Mittelbau en Allemagne…

Une grande et importante partie du roman, va démontrer, expliquer, avec une grande pudeur sans pathos mais avec les récits, des multiples tracas, de la férocité, de la « bestialité » de ses tortionnaires, les irrémédiables traumas que gardera toute sa vie Tomi…Difficile de rester insensible devant tant d’inhumanité. Mais nous savons qu’en ce domaine, l’être humain n’a guère de frontière finie…

La seconde partie, nous relate ensuite son ascension dans le monde de la haute couture ( hé oui, il suivra sa destinée ), Il habille les femmes, il les aime et trouve ainsi le moyen d’exsuder ainsi ses cauchemars.

Ce roman, « où passe l’aiguille », en dehors d’un récit de l’innommable, nous donne une forte leçon de vie, un objectif d’espoir.

La disparition de Josef Mengele (Guez, Olivier)

note: 3La disparition de Josef Mengele BARIDA LAURENT - 1 février 2019écoutez

L’ange de la mort, le docteur Josef Mengele…SS-Hauptsturführer, gardien de la pureté de la race et alchimiste de l’homme nouveau. Il commit ses atrocités – sans remords, ni regrets - au camp d’Auschwitz-Birkenau…

Il a échappé aux Armées alliées lors de son arrestation – en effet, il avait refusé d’avoir son matricule sur son corps – en conséquence il fut libéré plus tard !

Malgré des recherches des services du Mossad, il aura vécu en Argentine, Paraguay et au Brésil…Plus de trente ans de recherches infructueuses n’auront pas permis de mettre fin à cette cavale d’un des plus grands tortionnaires de l’Histoire.

Faut-il, de nouveau, livrer aux jeunes générations les exactions que peuvent commettre les hommes…fort probable, au fil de l’Histoire, la cruauté, l’absence de pitié, ont montré qu’après des cycles de paix, la voie de la destruction, sera toujours une constante de l’esprit humain.

L'égarée (Carrisi, Donato)

note: 3L'égarée BARIDA LAURENT - 20 janvier 2019écoutez

Pour sûr, un roman policier, mais je me suis moi-même « égaré » dans celui-ci. Certes un thème d’actualité, la pédophilie ; avec l’étude psychologique de la victime et du criminel.

Bien sûr, Donato Carrisi, utilise toutes les ficelles et structure du policier noir. Il me semble que l’affaire Natasha Kampush, peut résumer en partie la trame choisie par l’auteur.

Ici, Samantha Andretti, 13 ans, se fait enlever tôt le matin, en pleine ville…Aussi, un détective privé Bruno Genko, se charge de la retrouver, malgré sa maladie en phase terminale.

Bonne approche de l’étude psychologique de Samantha, afin de décrypter les souvenirs de celle-ci et cerner les déviances de son ravisseur.

Notre intérêt devient évident vers la fin du volume, quelle fin cathartique nous réserve l’auteur ? Les parangons du policier : surprise, rebondissement, annoncent-ils, une « happy end » ? Je pense que la lecture des deux premiers opus de cette trilogie apporterait, certainement, une imprégnation et une meilleure lisibilité de l’intrigue.

La mémoire des embruns (Viggers, Karen)

note: 5La mémoire des embruns BARIDA LAURENT - 18 janvier 2019écoutez

Un univers peu connu, où règnent encore quelques forêts primaires ; l’île de Tasmanie, au sud de l’Australie.

Mary souhaite trouver la paix et le calme intérieur, au crépuscule de sa vie, et pour ces raisons retourne sur l’île de Bruny. Ses enfants vont s’y opposer, sauf Tom qui approuve cette démarche. Son but, lever

Un secret de famille qu’elle ne voulait pas divulguer, où pour le moins sur lequel elle reste indécise ; elle veut lever les brumes de la mélancolie, qui depuis si longtemps l’oppresse. Une vie liée à l’amour de sa vie, son mari, et surtout ses enfants, un fleuve de non-dits, de silence. Leurs vies liées par l’inexorable âpreté de la vie de gardien de phare, dans un lieu isolé de tout, isolé du monde…

Une ode à la nature de ces contrées, sauvages et hostiles, mais également un hymne à la vie, au destin.

Un merveilleux dépaysement dans ces panoramas de vents, de pluie ou dominent la force et le courage d’une mère.

Entre deux mondes (Norek, Olivier)

note: 5Entre deux mondes BARIDA LAURENT - 11 janvier 2019écoutez

Quelques appréhensions avant de lire cet ouvrage ; celui de tomber dans un pathos sans fin…Ou bien dans un reportage humanitaire afin de nous culpabiliser, via le poncif de l’antienne classique, du pays de la Liberté...Refusons la simplification et la doxa.

Or il n’en est rien, Olivier Norek, arrive grâce à son récit haletant, à faire vivre ses personnages à la frange du roman, du reportage humain ; bref un sujet actuel, qui dérange !

Le capitaine Adam Sarkis, policier, vit avec sa femme Nora et sa fille Maya en Syrie. Pays en guerre, refusant l’iniquité et la violence, ce capitaine rejoint la mouvance des rebelles au parti au pouvoir. Son secret bientôt découvert, il décide de partir, en Grande Bretagne, via « la jungle » de Calais, l’Eldorado pour tous les peuples opprimés.

Le sujet des migrants s’avère être, non pas un épiphénomène, mais certainement l’un des enjeux de notre siècle. Et ce pour tous les pays « riches » ; regardons le parcours des habitants du Venezuela, qui fuient la pauvreté, et tentent d’entrer aux États-Unis.

Un roman qui démystifie la peur du migrant, qui démontre que l’humanisme existe toujours ; et qu’il ne faut pas être manichéen. A lire sans a priori.

L'ange de Whitechapel (Donnelly, Jennifer)

note: 5L'ange de Whitechapel BARIDA LAURENT - 7 janvier 2019écoutez

Début du XXe siècle, Londres quartier populaire de Whitechapel, India Selwyn Jones, jeune femme célibataire et aristocrate, vient d’obtenir son diplôme de médecin – Elisabeth Blackwell 1849, première femme américaine médecin-.

Féministe de cœur, elle ressent le besoin irrépressible d’aider et de soutenir le peuple des rues, des miséreux, des femmes et hommes vivant avec un maigre salaire et parvenant avec peine à subvenir aux besoins élémentaires de la vie. La dure loi que les hommes, s’ingénient afin de créer des obstacles à l’obtention du diplôme de la médecine – comme du vote notamment.

A l’opposé de cette femme nantie, Sid Malone, gangster qui règne sur l’East end, va à la faveur de différentes péripéties, la rencontrer. Début d’un amour passionnel, de non-dits, de ruptures, d’incompréhension.

Un parallèle avec le roman de Karen Blixen « La ferme africaine- quant à la trame peut être évoqué. La passion de la justice, de l’amour de son prochain joint à sa pugnacité, font de India, un parangon de la femme que nous aimerions tous rencontrer.

Un roman volumineux, certes, mais qui se « dévore » de chapitre en chapitre avec le même plaisir jusqu’au mot Fin.

Va et poste une sentinelle (Lee, Harper)

note: 5Va et poste une sentinelle BARIDA LAURENT - 17 décembre 2018écoutez

Vingt ans ont passé…Jean Louise Finch – Scout – vit à New-York ; en plein dans la période de « L’american way of life », légère, insouciante, elle décide de retourner dans les lieux de son enfance afin d’y retrouver ses amis et parents.

Certains des personnages du livre précédent, « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » ont disparu ou évolué. Le temps qui s’écoule inéluctablement, a modifié le regard qu’elle porte sur les gens et les lieux. Comme tout un chacun, notre vision des souvenirs de l’enfance, ne nous apporte le plus souvent que désillusion et regret.

L’axe principal de ce livre, la ségrégation raciale, avec son cortège de discriminations, d’iniquités. L’égalité un vain mot pour les Noirs américains qui sont considérés comme des citoyens de seconde zone…

Scout, va un jour, être confrontée, à un déchirement émotionnel ; dans une indicible consternation ; elle surprend un manque de réactivité de son père lors d’une réunion municipale, sur des positions raciales, proches du Ku Klux Klan.

Situation inacceptable pour elle, son monde s’écroule, son père, son mentor, l’a trahi ! Que faire ? Une explication s’impose, entre raison, entre insultes, entre lassitude, va-t-elle comprendre et admettre la position de son géniteur ?

Et cette sentinelle postée, ne serait-ce pas : sa conscience ? Harper Lee nous incite indubitablement à réfléchir. A déguster sans modération.

L'appât (Cole, Daniel)

note: 5L'appât BARIDA LAURENT - 13 décembre 2018écoutez

« Et si l’enfer existait ? …» Tel commence le second roman de la trilogie de Daniel cole. L’inspecteur principal Emily Baxter se voit confier la mission de retrouver le ou les auteurs de crimes ; crimes atroces qui se perpétuent à la fois en Angleterre et aux Etats-Unis.

Démêler l’écheveau de ceux-ci, où les victimes se trouvent marquées sur leur poitrine d’un mot – appât – et leur bourreau, encore d’un mot, - Marionnette- ! C’est bien un sentiment prégnant de comprendre les motifs de ces assassinats, une mécanique bien huilée tout au long de ces péripéties. Qui tire les ficelles et pourquoi ?

Récit haletant avec un style très fluide, et des caractères trempés, dont celui d’Emily, bien sûr. Le troisième tome devrait nous apporter un épilogue ; heureux ou non, mais sans doute avec le retour de Wolf.

La lecture au préalable de Ragdoll me semble un plus, pour la compréhension de l'appât.

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur (Lee, Harper)

note: 5Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur BARIDA LAURENT - 1 décembre 2018écoutez

Alabama, pendant la grande dépression, Atticus Finch – avocat – père de deux enfants : Jeremy et Jean Louise –Scout - .

Ce roman, d’une très grande fluidité, commence comme un conte pour enfant. Et cela est fort logique dans la mesure où la narratrice Scout, est âgée de 6 ans, au début de celui-ci.

Nous plongeons dans l’univers de Scout, et avec sa verve enfantine, nous la suivons dans sa vie quotidienne. Une période où les règles mondaines, les normes sociales, les relations enfants/adultes s’avèrent prépondérantes ; et laissent peu de place à la spontanéité.

Puis survient l’horreur dans ce petit microcosme, un « noir » aurait violé une « blanche ». Evénement à situer dans le contexte de l’époque ; son père devient son unique défenseur, car en effet la ville l’a déjà condamné…

Harper Lee, séduit par les actes et pensées de sa narratrice ; un monde inique, déjà, pour Scout dans l’innocence de son âge.

Un roman délicat dans son écrin de jeunesse…

La fenêtre panoramique (Yates, Richard)

note: 5La fenêtre panoramique BARIDA LAURENT - 1 décembre 2018écoutez

Je serais tenté d’appeler ce roman : Rêves égarés. En l’occurrence, un jeune couple de parents américains des années cinquante, se fixe le rêve de l’american way of life !

Chercher la différence, fuir la routine, vivre intensément, et surtout éviter d’être pris pour des petits-bourgeois ; cette foi qui pense et induit une - supposé – plus grande capacité intellectuelle.

La relation de couple – du tendre au conflictuelle -, l’éducation des enfants, les relations âpres du voisinage, bref les règles de la vie au quotidien se dressent devant-eux.
Le canevas des codes sociaux ainsi posé, comment s’en sortir ?

Richard Yates joue beaucoup avec les sentiments, sur l’aspect émotionnel ; s’aiment-ils ? Se détestent-ils ? Cette union n’a-t-elle pour but que la réalisation de leurs rêves ?

La recherche de ceux-ci risque de n’être qu’une chimère ; la concession de chacun, l’écoute, l’absence de non-dits pourront-ils éviter l’anéantissement de ces deux êtres ?

Une perception des émotions parfaitement notées par l’auteur ; un très beau roman sur la vanité humaine…

Vingt-quatre heures de la vie d'une femme (Zweig, Stefan)

note: 5Vingt-quatre heures de la vie d 'une femme BARIDA LAURENT - 30 novembre 2018écoutez

1904, dans la région de Provence, une vieille dame anglaise se confie à un homme, de son milieu mondain, sur vingt-quatre heures de sa vie de femme adulte – plusieurs années auparavant -.
On peut y voir, sans difficulté, un parallèle avec Madame Bovary de Flaubert. Parfum de scandale pour cette femme qui succombe aux charmes d'un jeune homme une nuit, pour le sauver de sa passion dévorante : le jeu. Mais au fond, est-ce bien la raison première – elle se le cache dans un premier temps - mais plutôt l'attrait charnel dégagé par cet éphèbe, qui pourrait l'amener à un total abandon.
Sujet toujours d'actualité, dans nos sociétés actuelles. Et sans doute qui le sera toujours. D'une lecture agréable, un livre qui prête à réflexion pour chacun d'entre nous. La raison ou la passion ?

Le vagabond des fleurs (Fortune, Robert)

note: 1Le vagabond des fleurs BARIDA LAURENT - 30 novembre 2018écoutez

1840, un botaniste anglais est chargé de recueillir des secrets sur le thé et l’opium en Chine, sans oublier bien sûr d’envoyer régulièrement des espèces de fleurs inconnues en Europe.

Ce récit de voyage, m’a semblé long, très long : et à vrai dire « ennuyeux » ! Il s’avère rempli de poncifs sur la chine, et d’esprit de colonialiste avéré, en outre !

L’auteur de ce document a sans aucun doute prit plus de plaisir à vivre ses aventures que nous – lecteurs – à le suivre dans ses pérégrinations.

Siddhartha (Hesse, Hermann)

note: 5Siddharta BARIDA LAURENT - 3 novembre 2018écoutez

Avec le même nom de Siddhartha Gautama, Siddharta –fils de brahmane- ne pas suivre le chemin de son père et le quitter afin de trouver l’éveil (destruction de toutes les passions et tentations).

Nous suivons son périple afin de trouver cet objectif, qu’il perçoit dès son adolescence et va s’efforcer, à travers ces pérégrinations, à satisfaire.

Recherche de l’absolu, du détachement total de l’être, de l’harmonie de l’âme avec l’univers.

Livre initiatique qui a rencontré un immense succès et qui en fera avec le « jeu des perles de verre » un prix Nobel.

Les Dieux ont soif (France, Anatole)

note: 5Les dieux ont soif BARIDA LAURENT - 3 novembre 2018écoutez

L’an 1793, période de la terreur en France. L’auteur veut nous démontrer que celle-ci est « une odieuse et imbécile maladie collective ».

Période emprise de tumultes parmi la population, le peuple doit se défendre contre les envahisseurs, le peuple crie sa famine, le peuple se confronte aux trahisons, conspirations et complots…

En conséquence, la Convention va opposer la Terreur, « les dieux ont soif » propos écrits par Camille Desmoulins.

Moments tourmentés ou les idées révolutionnaires fusent de tout côtés. La Révolution établira-t-elle l’égalité pour tous ; Anatole France en doute, « les hommes ne seront jamais égaux ».

A lire en prenant son temps afin de s’imprégner de tous les événements de cette période primordiale, non seulement pour la France mais le monde entier.

Tenir jusqu'à l'aube (Fives, Carole)

note: 3Tenir jusqu'à l'aube BARIDA LAURENT - 3 novembre 2018écoutez

Roman, document, essai ; c’est une approche d’un sujet éminemment actuel. Une jeune mère célibataire avec son fils de deux ans.
Tous les ingrédients semblent réunis, pour faire tomber cette maman dans la culpabilité –qui transpire tout au long de ce roman- ; un emploi erratique, une famille éloignée, de faibles revenus, un père totalement absent…

Elle étouffe dans cette relation mère/fils, et subit en permanence sa loi ! Ce qui réduit d’autant sa vie sociale –déjà bien peu étoffée- pourtant, par moment, des bouffées de « liberté » l’oblige, l’incite à prendre quelques instants de Liberté…

A certains moments, elle recherche l’avis d’internautes, qui non seulement ne l’aide pas de conseils mais l’abreuvent de remarques désobligeantes. Dans ce contexte, étouffant, oppressant, elle choisit de sortir. Est-ce bien raisonnable ? Compter les minutes de liberté afin de respirer, d’exister.

Si la pédagogie admet et recommande de permettre et favoriser le libre essor d’un enfant ; le devoir d’une mère est également celui de lui inculquer également les limites, les règles de vie, donc les codes sociaux !

Je donne ici un avis masculin, vous l’aurez compris. Mais en aucun cas je n’absous le père. Un développement d’un enfant se doit d’être accompli avec ses deux parents. En l’occurrence, la lâcheté du père me révolte, comme vous Mesdames.

Les délices de Tokyo (Sukegawa, Durian)

note: 5Les délices de Tokyo BARIDA LAURENT - 3 novembre 2018écoutez

« Ecoute la voix des haricots », propos du secret de Tokue Yosii, vieille dame, aux doigts déformés. Sentarô qui sort de prison confectionne à longueur de journée des dorayaki à l’aide du an –la pâte de haricots rouges-. Le destin les fait se rencontrer.

Une rencontre unique entre ces deux êtres torturés et écrasés par la société japonaise, voici ce que nous propose Durian Sukegawa. Une écoute des silences qui s’entremêlent de l’un puis de l’autre. Un respect mutuel de ces deux êtres; pour aboutir à des liens d’amitiés et la révélation de secrets…

A noter, que le petit magasin se situe rue Sakuadôri – rue des cerisiers- .J’en déduis que l’auteur, nous amène à découvrir la philosophie de ce conte. A savoir la beauté des choses éphémères, et que la vie est courte et qu’il faut en profiter.

A savourer sans modération.

Carnets noirs (King, Stephen)

note: 3Carnets noirs BARIDA LAURENT - 11 octobre 2018écoutez

Deuxième livre de la trilogie commencée avec « Mr Mercedes », où un vieil inspecteur –Kermit William Hodges- doit régler une affaire non résolue (seize personnes tués par un chauffard).

Nous retrouvons celui-ci, dans la résolution du crime d’un célèbre écrivain à la retraite –John Rothstein-. Crime crapuleux ou mûrement réfléchi ? Où s’arrête l’admiration de l’obsession pour un admirateur d’un auteur ? Dans le cas présent l’obsessionnel l’emporte et va nous entrainer dans la folle quête du criminel afin de s’approprier un ensemble de carnets de moleskine noire.

L’intrigue met du temps à s’installer, et sans être soporifique, bien sûr, nous attendons avec impatience l’arrivée du « héros » pour dynamiser l’action.

Autant j’ai parcouru les premiers chapitres mécaniquement, autant l’arrivée du dénouement de cette affaire emporte le lecteur dans la soif d’en connaître avec impatience son épilogue.

Avant que les ombres s'effacent (Dalembert, Louis-Philippe)

note: 3Avant que les ombres s'effacent BARIDA LAURENT - 8 août 2018écoutez

« Kristallnacht », Est-ce un énième livre historique sur la « Nuit de Cristal », le pogrom contre les juifs du Troisième Reich dans la nuit du 9 novembre 1938, et toutes les perversités, les cruautés, l’inhumanité, qui en découlèrent ?Est-ce un livre sur le Racisme – sur les Juifs, les gens de couleur- ? En effet, il oppose au livre de Gobineau (L’essai sur l’inégalité des races humaines) celui d’Anténor Firmin (De l’égalité des races humaines).Certainement pas, Louis-Philippe DALEMBERT, le reconnait lui-même, il veut sa liberté d’écrire et de proposer une vision différente de l’Histoire.
Nous suivons, la famille Schwarzberg, de Lodz en Pologne, pour aller à Berlin. Et plus particulièrement le Docteur Ruben Schwarzberg, il sera le lien, dans son périple à travers le monde. Donc de Lodz, Berlin, Paris, nous le retrouvons dans la république d’Haïti, à Port-au-Prince. La période de cette épopée commence en 1930 pour s’achever en janvier 2010 (séisme à Haïti).Pourquoi cette république ? Elle fût le pays qui accepta d’offrir une patrie à ceux qui n’en avaient pas, en 1939, d’un décret-loi de naturalisation in absentia, elle autorisa ses consulats à délivrer passeports et sauf-conduits à des centaines de juifs.
Le style fluide, nous incite à poursuivre l’haletant parcours de ce docteur. Un beau récit instructif et agréable à lire.

L'aile des vierges (Peyrin, Laurence)

note: 4L'aile des vierges BARIDA LAURENT - 13 juillet 2018écoutez

Comté du Kent, Magie Fuller, anglaise de 26 ans, esprit libre et vif, voit son mariage avec Will se terminer et retrouve sa liberté. Mais comment mener de front le rêve d'être médecin et assumer son quotidien. Une issue, grâce à ce bon docteur Heady qui l'incite à se faire embaucher dans un beau manoir, comme bonne !.

Nous entrons, à cette période, dans le monde cruel, sans avenir de la domesticité de cette période de la fin des aristocrates. Où ceux-ci ne vivent que pour leurs tâches au sein de la très riche famille de "sang bleu", les Lyon-Thorpe.

Femme cultivée, elle regarde avec stupeur, les mille tracas que subissent les différents corps de servitudes. Féministe dans l'âme, elle arrive difficilement à réfréner se ardeurs de révolte. Est-ce là son destin?

A ce moment, entre en scène, le beau et ténébreux Sir John Lyon-Thorpe. Deux êtres d'exception. Epris chacun de liberté, de mener à leur guise leur vie, tant sociale qu'amoureuse. Moments intenses de séduction et de laisser-aller...

Mais, le Destin, va les séparer pour de longues années. Elle au Etats-Unis et lui au kenya. Et après moult péripéties, se retrouver, s'aimer, se déchirer. Une femme peut-elle mener sa vie souhaitée sans céder aux lois de l'amour. Que de difficultés à surmonter pour avoir la joie , de voler en commun, au dessus des nuages.

Enquête dans le brouillard (George, Elizabeth)

note: 4Enquête dans le brouillard BARIDA LAURENT - 13 juin 2018écoutez

Premier roman policier d’une série importante, l’auteure nous présente deux individus diamétralement opposés. L’inspecteur Thomas Lynley, à qui tout réussi ; et le sergent Barbara Havers, qui a tout loupé…

Certes, un schéma un peu simpliste (le bon et le méchant policier), mais qui dans l’excellente écriture, permet de se délecter des passes d’armes, au fur et à mesure de l’avancement de l’enquête.

Début un peu lent, par la présentation psychologique des différents intervenants ; mais un final très accrocheur qui n’autorise pas à occulter celui-ci.

Je pense devoir lire un ou deux ouvrages supplémentaires afin de savoir si je puis m’immiscer dans le monde de l’auteure.

Oeuvre non trouvée

note: 5Les désenchantées BARIDA LAURENT - 31 mai 2018écoutez

Premier sentiment, un plaisir indicible à lire ce "doux" pamphlet sur les harems en Turquie du début du XXe siècle.

Il est certain que Pierre Loti, au travers de ses différents voyages, fut un adepte inconditionnel de ce pays. Succombant sous le charme de ces paysages (Constantinople devenu Istanbul dès 1930), de ces effluves des marchés du port, des couleurs naturelles des différentes végétations.

Or donc, Notre héro tombe amoureux d'une jeune femme turque dans un harem. Des femmes voilées au dehors, mais occidentalisées dans leurs murs. Les rencontrer, leur parler, voici dorénavant son but dans cette ville. Il en fera son obsession, Mais peut--t-on vivre une idylle avec de "petits fantômes noirs" dans une société où la liberté des femmes n'existe pas? Quel devenir pour celle-ci?

Le chemin sera long pour La liberté de la Femme...

Orphelin des mots (Louviot, Gérard)

note: 5Orphelin des mots BARIDA LAURENT - 31 mai 2018écoutez

Voici un homme qui ne sait ni lire ni écrire! Tout un chacun se doute que cela puisse exister, mais dans les faits, l'on ignore les raisons et surtout les conséquences que de telles personnes subissent à chaque instant dans la vie quotidienne.
D'ailleurs peut-on vivre sans en connaître les codes? Inimaginable dites-vous, certes, mais l'illettrisme - 2,5 millions C'est, selon l'Insee, le nombre de 18-65 ans illettrés en 2011 en métropole, soit 7 % de la population- touche un grand nombre d'individus.
J'ai beaucoup apprécié le parcours de Gérard Louviot afin de sortir de cet enfermement psychologique. Casser ce mur de sa honte permanente, qui l'empêche d'aviser son périmètre social de ses difficultés, grâce et surtout à sa ténacité à le vaincre.
Un vrai parcours du combattant, pour se révéler, pour trouver, pour étudier et enfin s'ouvrir le monde de la compréhension de la société..

Les Forestiers (Hardy, Thomas)

note: 5Les Forestiers BARIDA LAURENT - 19 mai 2018écoutez

Un grand roman méconnu de Thomas Hardy. Un roman situé dans le sud de l’Angleterre du XVIIIe siècle. Deux êtres promis l’un à l’autre depuis des années. Leur mariage enfin, et inéluctablement, l’épouse succombe aux charmes d’un tiers. Banal dans l’esprit mais porteur de conséquences morales et matérielles. La mésentente conjugale représente la difficulté pour chacun à outrepasser la période d’exaltation à celle de la tolérance et l’écoute de l’autre.

Un plaisir de l’écriture, un retour à la nature et une suave mélancolie des protagonistes.

Dans le jardin des mots (Romilly, Jacqueline de)

note: 5Dans le jardin des mots BARIDA LAURENT - 19 mai 2018écoutez

Une découverte sur la langue française...

Un plaisir de goûter le rythme des phrases de l'auteure; mais surtout, si la critique de l'uniformisation des locutions, des poncifs et des termes à la mode peuvent exaspérer, J. de Romilly nous donne l'envie de savourer, et surtout sans émettre de diktat sur son utilisation.

Un grand bonheur que ce livre-là

Meurtres pour rédemption (Giebel, Karine)

note: 5Meutres pour rédemption BARIDA LAURENT - 19 mai 2018écoutez

L’univers carcéral dans sa cruauté, sa loi du plus fort. Comment ne pas être laminé dans celui-ci. Comment trouver la force de « vivre ».

Un suspens qui progresse crescendo, le besoin de sortir notre héroïne de ce cercle infernal, et malgré son « aura de mal » de lui donner notre empathie afin qu’elle puisse, enfin, se retrouver…

Un grand livre avec lequel il me fallait aller « au bout de la nuit ».

Le dieu des petits riens (Roy, Arundhati)

note: 3Le dieu des petits riens BARIDA LAURENT - 19 mai 2018écoutez

Le monde des microcosmes de l'Inde. Un certain parallèle avec le livre - L'équilibre du monde de R. Mistry - m'a donné l'envie de poursuivre ma quête sur ce vaste pays.
Je n'ai guère été déçu par les personnages; ni par l'image donnée du système indien de la vie quotidienne. Un tel écart de civilisation et pourtant l'empathie joue en plein avec ses habitants.
A lire avec naturel sans idées préconçues ...

Tu tueras le père (Dazieri, Sandrone)

note: 5Tu tueras le père BARIDA LAURENT - 19 mai 2018écoutez

Un thriller, un vrai, sur lequel il est bien difficile d'anticiper, de prévoir, d'augurer du fil de l'intrigue. Deux personnages liés, par le besoin irrépressible de clôturer une vilaine affaire de meurtres, de disparitions d'enfants. Deux personnages au caractères forts, certes, mais, chacun avec sa zone d'ombre -sa fragilité psychologique-, qui rend attachante leurs personnalités. Deux personnages, qui cherchent, qui luttent, qui risquent leurs vies...Et surtout, qui pensent avoir enfin résolu cette affaire difficile, cruelle, pleine de chausse-trappes. Qu'en est-il?
Un style percutant, fluide qui nous transportent dans ce monde cruel, dans une jungle d'horreur. Un plaisir indicible de lecture.

Mrs. Bridge (Connell, Evans S.)

note: 3Mrs BRIDGE BARIDA LAURENT - 16 mai 2018écoutez

Un livre au verbe simple mais néanmoins porteur de réflexions sur la condition féminine dans les années 1940 aux Etats-Unis.
Est-ce ceci le miracle américain ou plutôt le mirage, pour ces familles. Nous avons ici une femme Madame BRIDGE, qui incarne la femme "modèle", Mais une femme [incapable de réfléchir, dénuée d'imagination et que tout sidère].
Est-ce ceci le paradigme de la femme? Et je pense que l'on peut extrapoler cette vie avec sa suite de chocs psychologiques à toutes les femmes de ce monde.

Un "pantin" avec des sentiments réprimés, une absence d'ambition, la peur de décevoir, bref, pour tout dire, un femme malheureuse!

Où l'on aperçoit seulement, maintenant, leur révolte afin de faire "exploser" ce carcan des conventions, du diktat des normes sociales...édictées par l'homme!

Agréable à lire, et à mettre sur la table de chevet des hommes...

Fouché (Zweig, Stefan)

note: 5Zweig BARIDA LAURENT - 10 mai 2018écoutez

Un homme qui a traversé le XVIIIe siècle, qui a marqué son époque, et dont peu de documents en relatent les différentes interventions, à travers une époque de l'histoire de France très tourmentée. Un homme qui " ne connaît ni indulgence ni pardon pour quiconque un jour a été d'une autre opinion que la sienne".
Comité de Salut public, la Convention, le Directoire, les "gouvernements, la forme de l'Etat, les hommes changent; ...seul un homme demeure toujours à la même place, sous tous les maîtres et sous tous les régimes: c'est Joseph Fouché.".
Un plaisir de lire, de suivre toutes les péripéties de cet homme, que l'on peut aimer ou détester, mais qui ne laisse pas indifférent..

Tours et détours de la vilaine fille (Vargas Llosa, Mario)

note: 3Vargas Llosa BARIDA LAURENT - 10 mai 2018écoutez

Un début difficile, une lenteur dans le verbe, mais en fin de compte le terreau qui va faire naître cette "vilaine fille".
La rencontre de deux êtres, aux caractères antinomiques, le Volcan et la Pierre. Cet homme supporte et ce tout au long de sa vie, l'ingratitude, la perversité, les insultes de la vilaine fille. Il représente, pour elle, tout ce qu'elle fuit: la routine, le manque d'ambition voire la médiocrité. Bref, elle ne peut imaginer vivre, en douce épouse, à satisfaire une vie terne et monolithique ...
Mais IL l'aime, plus que tout, sans réserve, et sans doute sans espoir. Serait-il lâche à point pour tout supporter de sa part?
A défaut de trouver la joie de vivre à sas côtés, il pourra savourer quelques moments de parfaite harmonie, illusions vites perdues.
Dans ce domaine de l'amour, irrationnel, comment peuvent-ils se trouver, se comprendre et surtout vivre des moments de passion intense?
Dans leurs cas, l'on peut dire que les contraires s'attirent...

La dame du manoir de Wildfell Hall (Brontë, Anne)

note: 4Anne Brontë BARIDA LAURENT - 10 mai 2018écoutez

Un très beau roman, à savourer, de l'époque victorienne.
Un bel hymne à l'amour d'une femme pour un homme qui sombre dans l'alcool...Va t-elle ouvrir son coeur à un autre prétendant, malgré son échec dans le mariage. En tenant compte bien entendu des convenances de l'époque. de la même veine que Jane Austen, Thomas Hardy.

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